Les dirigeants européens pourraient, à l’occasion du Conseil européen du 19 mars, rappeler à leur homologue hongrois, Viktor Orbán, qu’un engagement pris doit être respecté.
Alors que lors du sommet de décembre (EUROPE 13776/1), le Premier ministre hongrois avait donné son accord au prêt de 90 milliards d’euros - prêt auquel son pays ne participera pas -, il bloque désormais la décision liée à la modification du cadre financier pluriannuel, nécessaire pour la mise en œuvre du prêt.
« En décembre, nous avons pris une décision politique au niveau du Conseil européen. Il est temps maintenant de la concrétiser », a souligné le président chypriote, Nikos Christodoulides, lors d’une conférence à l'EPC, mercredi. « Je ne veux pas envisager un scénario où l’Union européenne prend une décision au niveau des 27 dirigeants, et que cette décision politique ne soit pas appliquée », a-t-il ajouté, expliquant être en contact avec la Hongrie et espérant un résultat positif d’ici le sommet.
Mais d’autres sources se sont montrées, le même jour, plus pessimistes. « Orbán, en pleine campagne de réélection, ne changera pas de cap, mais (ce jeudi) sera une journée très difficile pour lui, car tout le monde en a assez : nous avons eu une décision en décembre sans la Hongrie, et maintenant, il arrive avec un problème supplémentaire, l’oléoduc », a résumé un diplomate européen.
Le Premier ministre hongrois a lié le déblocage du prêt au retour de l’approvisionnement en pétrole de son pays via l’oléoduc Druzbha, endommagé par la Russie. « Pas de livraisons de pétrole ? Pas d'argent. C'est aussi simple que ça », a-t-il encore rappelé le 17 mars. Alors que l’oléoduc devrait être réparé dans les prochaines semaines et que la mission d'experts de la Commission européenne est arrivée sur place (EUROPE 13830/13), le temps presse concernant le prêt, le premier versement ayant été initialement prévu pour avril.
Dans leurs conclusions à 26 (sans la Hongrie), les dirigeants européens devraient saluer l’adoption du prêt par les colégislateurs et « attendre avec intérêt le premier versement à l’Ukraine d’ici début avril ». Ils devraient aussi appeler à un renforcement de la coopération avec les pays tiers afin de contribuer à combler le déficit restant de 30 milliards d’euros dans les finances ukrainiennes.
Au-delà du prêt, les chefs d'État ou de gouvernement devraient une nouvelle fois réitérer leur soutien à l’Ukraine, y compris militaire, et leur volonté d’accroître la pression sur la Russie. Dans ce contexte, ils devraient souhaiter l’adoption rapide du vingtième train de sanctions, bloquée par la Hongrie et la Slovaquie, toujours en raison de Druzhba.
Soulignant la menace potentielle que représentent pour la sécurité intérieure de l’UE les anciens combattants russes, le Conseil européen devrait en outre inviter la Commission à lui fournir une évaluation des moyens possibles de traiter cette question, « sans préjudice des compétences des États membres dans ce domaine ».
Lien vers le dernier projet de conclusions : https://aeur.eu/f/l8a (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)