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Bulletin Quotidien Europe N° 13831
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SOCIAL - EMPLOI / Emploi

Sommet européen - les partenaires sociaux de l'UE expriment leurs craintes quant aux prix de l'énergie et au respect des droits des travailleurs

Les dirigeants de l’UE et les partenaires sociaux européens se sont réunis mercredi 18 mars à Bruxelles pour un nouveau dialogue social tripartite largement dominé par les inquiétudes liées aux coûts de l’énergie, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, ainsi que par les projets de simplification législative ou destinés à doper la compétitivité.

Parmi ceux-ci, la nouvelle proposition de règlement sur le 28ème régime (voir autre nouvelle) suscite précisément les inquiétudes des syndicats européens, comme l’a souligné l'Irlandaise Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats.

Les partenaires sociaux, représentés notamment par BusinessEurope et SGI Europe ou encore SMEunited, se sont accordés avec les présidents du Conseil européen et de la Commission, António Costa et Ursula von der Leyen, sur des messages communs à la fin de la réunion.

« Notre économie sociale de marché est ce qui protège le tissu social européen en ces temps instables. Et nous devons la renforcer davantage encore. Alors que la guerre du Golfe fait à nouveau grimper les prix de l’énergie, notre priorité immédiate doit être de protéger nos consommateurs et nos entreprises les plus vulnérables. Il faut apporter une aide d’urgence à court terme à ceux qui en ont le plus besoin. Et il faut renforcer notre indépendance grâce à la suppression progressive des importations instables de combustibles fossiles. Dans l’élaboration de solutions, il est essentiel de collaborer étroitement avec les partenaires sociaux », a commenté Ursula von der Leyen.

La discussion a aussi porté sur les emplois de qualité. « À Chypre, le dialogue social est une tradition bien ancrée. En travaillant main dans la main avec les partenaires sociaux, notre gouvernement veille à ce que les politiques de l’emploi ne soient pas simplement imposées, mais construites conjointement », a déclaré le président chypriote Nikos Christodoulides. « Un dialogue social fort est un pilier majeur de la compétitivité de notre Union et une priorité pour la Présidence chypriote » du Conseil de l'UE, a-t-il aussi commenté.

Les employeurs « comptent sur le Conseil européen pour adopter une 'feuille de route' ambitieuse, assortie de mesures concrètes et d’un calendrier précis. Il est plus urgent que jamais d’agir sans délai », a de son côté commenté Fredrik Persson, président de BusinessEurope.

Concernant l’énergie, le président a jugé « essentiel d’éviter une fin abrupte » du système ETS (voir autre nouvelle). « Deuxièmement, il est crucial d'intégrer une gestion responsable des quotas gratuits. J'espère et je m'attends à ce que le Conseil se prononce à ce sujet ».

De son côté, Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, a appelé, pour les syndicats de travailleurs, à des « investissements pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables, car cela réduit notre dangereuse dépendance au pétrole et au gaz. Nous avons dit que la Commission devrait présenter des options pour sortir du système où les énergies fossiles déterminent le prix global de l'électricité, car nous avons constaté que de nombreux États membres qui adoptent cette approche réalisent déjà des économies ».

Les travailleurs européens « subissent déjà les conséquences de chocs successifs, avec une hausse du coût de la vie et une augmentation des pertes d’emplois dans l’ensemble de l’économie. L’UE doit mettre en place d’urgence des outils de gestion de crise pour protéger l’emploi et la production dans les secteurs stratégiques, en s’appuyant sur le succès du programme SURE et sur une demande intérieure renforcée grâce à des salaires plus élevés et à une meilleure couverture de la négociation collective ».

Mais Mme Lynch a surtout concentré son message sur le nouveau projet de 28e régime, car « l'idée de simplifier et d'accélérer la fermeture des entreprises est très inquiétante pour les travailleurs qui craignent pour leur emploi ».

La CES soutient « pleinement le principe selon lequel les gens devraient pouvoir créer une entreprise sans être stigmatisés ni privés d'accès au crédit ou de reconnaissance de dettes à vie ».

En même temps, les droits doivent garantir « que les employés soient consultés, informés de la fermeture, et surtout qu'ils perçoivent leur salaire en cas d'insolvabilité (souvent deux ou trois mois), ainsi que leurs congés payés (six mois) pour de nombreux travailleurs qui risquent de ne plus pouvoir payer leur loyer ou leur crédit immobilier ».

Dans un communiqué, la CES a en effet déploré que le projet de règlement ne contienne aucune disposition légale visant à empêcher les entreprises du 28e régime : - de refuser les inspections du travail ; - de se soustraire au droit du travail national et aux conventions collectives ; - de remplacer les salaires garantis ou les contrats de travail par des options d'achat d'actions ; - d’ignorer les droits des travailleurs à l'information et à la consultation lors des restructurations ; - ou de se soustraire aux cotisations de sécurité sociale et à l'impôt national. (Solenn Paulic)

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