Cela devait être LE sujet principal du Sommet européen de printemps, qui s’ouvrira jeudi 19 mars à Bruxelles.
La compétitivité des entreprises européennes sera bien un sujet important de la réunion des dirigeants européens, comme l’avaient demandé les Vingt-sept le 12 février à Alden Biesen, mais la discussion se déroulera dans un nouveau contexte d’urgence marqué par la hausse des coûts de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient (voir autre nouvelle).
Et c’est sur ce nouvel obstacle majeur pour la compétitivité que devraient s’étendre les dirigeants européens, avec de nouveaux appels à réformer le système ‘ETS’ d’échange de quotas d’émissions de CO2.
Si les derniers projets de conclusions ont été relativement stables, la discussion sur la compétitivité pourrait aussi être plus intense sur le concept de préférence européenne, anticipe un diplomate européen, alors que les États membres n’ont pas la même vision de la façon de protéger les secteurs industriels critiques de l’UE.
« Le débat se poursuit, et différents États membres adoptent des positions divergentes. (…) Mais, en réalité, il ne s'agit pas d'affirmer que tout sera prioritairement européen ni que rien ne le sera. Il y aura donc un compromis possible entre les différentes positions », a commenté une source européenne.
Alors qu’elle l’avait annoncée en février, la Commission européenne devrait aussi reporter la présentation de sa 'feuille de route' « Une Europe, un marché » à la réunion informelle des dirigeants européens réunis en avril à Chypre.
Cependant, les dirigeants européens devraient malgré tout demander à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, un point sur les efforts de simplification réalisés jusqu’à présent et insister à nouveau sur la nécessité de valider au plus vite les paquets 'omnibus' déjà sur la table ainsi que d’en proposer de nouveaux.
Le dernier projet de conclusions fixe en effet plusieurs délais à la Commission, mais aussi aux colégislateurs de l’UE, comme la nécessité d’adopter le 28e régime des sociétés avant la fin 2026 ou de se mettre d’accord avant « fin juin 2026 » sur la déclaration électronique pour les détachements de travailleurs, bloquée au Conseil de l’UE depuis fin 2025.
Les colégislateurs seront aussi invités à adopter le concept de 'préférence européenne', à travers la proposition de règlement sur l'accélération industrielle (IAA) avant la fin de l’année.
La présidente de la Commission devrait aussi informer les dirigeants de la discussion au collège, le 18 mars, sur les lignes directrices en matière de fusions-acquisitions, dont la première version devrait être publiée en avril.
Les discussions sur l'Union de l'épargne et de l'investissement, les actions à mener et les calendriers à respecter seront aussi abordées dans le contexte de cette discussion ‘compétitivité’.
Lien vers le dernier projet de conclusions : https://aeur.eu/f/l8a
BusinessEurope réitère ses priorités. L'organisation patronale a écrit aux dirigeants européens le 18 mars pour les alerter des nouveaux défis posés par la guerre au Moyen-Orient.
Elle demande, entre autres, d'accélérer la mise en œuvre du 28e régime, la 'modernisation' du cadre de concurrence ou la révision de la législation sur les marchés publics. Il faut aussi impérativement réduire les prix de l’énergie.
Lien vers la lettre de BusinessEurope : https://aeur.eu/f/l8e (Solenn Paulic avec la rédaction)