Le président chypriote, Nikos Christodoulides, a appelé, mercredi 18 mars, à la création d’une 'coalition de volontaires' de pays européens et du Moyen-Orient afin de trouver les moyens d’apaiser la situation dans la région.
« Nous devons agir pour désamorcer les tensions. Nous étudions la possibilité de lancer une initiative similaire à la Coalition des pays volontaires (pour l’Ukraine) », a annoncé le président lors d’une discussion à l’EPC, ajoutant qu’il discutait actuellement avec plusieurs dirigeants de l'UE et des pays de la région à ce sujet.
Selon le président, « les pays de la région, les pays européens qui ont un intérêt particulier pour la région pourraient formuler une proposition pour désamorcer la crise ». Et d’ajouter que les pays du Moyen-Orient attendaient une telle initiative de l’UE. « C'est un test pour nous, en tant qu'Union européenne, de savoir si nous voulons jouer un rôle dans la région », a-t-il ajouté.
Plus largement, M. Christodoulides a estimé qu’il fallait aborder la région « comme un véritable partenariat ». « Cette région est un voisinage de l'UE. Et les pays de la région attendent de l'Union qu'elle les considère comme des partenaires et non - je le regrette, c'est ainsi qu'ils le perçoivent - comme un modèle néocolonial », a-t-il expliqué. Le président a expliqué que, selon les pays de la région, lorsqu'il s'agit d'envoyer du matériel militaire, il n'y a aucun problème, mais quand il s’agit de coopération, l’UE pose une « multitude » de conditions.
Interrogé sur la présence du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, lors du sommet informel d’avril à Chypre, lors duquel une réunion se tiendra entre les dirigeants européens et les partenaires du Moyen-Orient, M. Christodoulides s’est montré pessimiste. Se disant prêt à recevoir M. Erdoğan, il a expliqué qu’avant d’envoyer une invitation, il avait demandé à certains dirigeants européens « qui entretiennent d'excellentes relations avec le président Erdoğan » de le sonder sur sa disponibilité. « Les premières réactions ne sont pas positives », a-t-il reconnu.
Selon M. Christodoulides, la résolution du problème chypriote ne sera possible que lorsque la Turquie comprendra que « les avantages d'une solution au problème chypriote sont bien supérieurs à ceux qu'ils retirent de la situation actuelle ». « Et c'est là un rôle important que l'Union européenne peut jouer », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)