Apóstolos Tzitzikóstas, commissaire européen aux Transports et au Tourisme durables, a annoncé, jeudi 12 mars devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg, qu’il présentera plusieurs propositions en faveur de la sécurité ferroviaire au deuxième semestre 2026. Les députés ont en effet débattu de la sécurité du transport ferroviaire, à la suite de l'accident d'Adamuz, en Espagne, et trois ans après la tragédie de Tempi, en Grèce.
Le commissaire a affirmé qu’il en était de la responsabilité de son institution d’investir encore plus dans la sécurité du rail, d’éliminer tous les problèmes qu’elle identifie ainsi que toutes les faiblesses structurelles. Malgré un recul du nombre d’accidents, « la sécurité ne doit jamais, au grand jamais, être considérée comme un acquis », a-t-il établi.
Il s’est engagé à continuer d’insister sur le fait que les États membres et les organisations ferroviaires déploient des systèmes de protection avancée comme le ‘Système européen de gestion du trafic ferroviaire’ (ERTMS) (EUROPE 13815/31).
Il a annoncé que ses services travaillent actuellement sur une proposition qui sera présentée au second semestre 2026 pour réviser le fonctionnement de l'Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer (ERA). « Nous devons veiller à ce que l'Agence puisse mieux contrôler la manière dont les responsabilités sécuritaires sont partagées et mises en œuvre en Europe. Nous voulons également que l'Agence puisse offrir un soutien plus ciblé aux États membres qui en ont besoin », a-t-il expliqué.
Cette proposition s’accompagnera d’un nouveau règlement sur des méthodes de sécurité communes avec un système qui introduira un reporting des accidents et des incidents, pour en tirer les enseignements et avoir un échange d'informations plus efficace. La Commission propose également l’actualisation d'autres méthodes de sécurité commune pour les trains.
Du côté des députés, ces annonces ont été bien reçues. « Il faut absolument garantir une collaboration étroite, que chaque État membre s'implique, que chaque gestionnaire, chaque entreprise s'impliquent dans la gestion de ces infrastructures, modernisent ces infrastructures, qu'il y ait des normes communes en termes de sécurité », a enchéri Oihane Agirregoitia Martínez (Renew Europe, espagnole).
De son côté, Dariusz Joński (PPE, polonais) a évoqué les risques de sabotage des infrastructures ferroviaires, en particulier venant de la Russie. Il a insisté sur le financement de la mobilité militaire. (Anne Damiani)