120 dirigeants des industries du capital-investissement, du capital-risque et d'infrastructures ont appelé les dirigeants politiques européens, jeudi 12 mars, à accélérer l’intégration financière et réglementaire de l’UE, en perspective du prochain Conseil européen.
Dans une lettre adressée aux chefs d’État ou de gouvernement transmise à Agence Europe, le secteur de l’investissement privé exhorte les Vingt-sept à prendre des mesures « audacieuses » afin de renforcer la capacité de l’Europe à financer l’innovation, les infrastructures et les entreprises en croissance.
Les signataires demandent en particulier de faciliter la levée de capitaux auprès d’investisseurs européens et internationaux, en réexaminant certains cadres prudentiels et en veillant à ne pas restreindre l’accès aux capitaux étrangers.
Ils plaident également pour une mobilisation plus efficace de l’épargne de long terme, ainsi que pour un nouveau saut d’intégration du marché unique des capitaux, notamment au moyen d'un nouveau dispositif du droit des sociétés, dit « 28e régime » harmonisé (EUROPE 13823/14).
« Mais il ne sera efficace que s’il est réellement attractif - avec des avantages clairs, un régime simple sans surcharges réglementaires nationales et un plan de suivi dans des domaines tels que l’insolvabilité, le droit du travail ou la fiscalité », avertissent les parties prenantes.
« Les retours obtenus jusqu’à présent sont préoccupants : les anciennes habitudes et réflexes nationaux risquent de diluer la valeur d’une proposition aussi importante », redoutent-elles.
Dans le cadre des négociations sur le cadre financier pluriannuel post-2027 de l'UE (EUROPE 13826/21), les investisseurs invitent les institutions européennes à utiliser davantage le budget de l’Union comme levier pour attirer les financements privés, notamment par des garanties, des co-investissements et des instruments en fonds propres, tout en simplifiant les obligations administratives pesant sur les gestionnaires de fonds.
« L’Europe ne devrait pas se contenter de s’adapter à un monde en mutation. Avec les bons choix aujourd’hui, elle peut encore le façonner. Mais pour notre continent, c’est maintenant ou jamais. », estiment-ils.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/l58 (Bernard Denuit)