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Bulletin Quotidien Europe N° 13822
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Conseil de l'UE et Parlement européen s'accordent sur l'interdiction du terme 'steak' pour les produits à base de plantes

La quatrième session de négociations entre le Conseil et le Parlement européen sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, jeudi 5 mars, sous présidence chypriote du Conseil de l’UE, a permis de trouver un compromis, notamment sur les modalités des dénominations réservées aux viandes (EUROPE 13784/11).

Le compromis trouvé interdit l’utilisation de termes comme 'steak' et 'bacon' pour les produits à base de plantes. Le Parlement européen a toutefois abandonné sa proposition visant à limiter l’usage de termes très répandus tels que 'burger' et 'saucisse', mais a néanmoins obtenu une longue liste de dénominations interdites. Celle-ci comprend le terme 'viande' ainsi que 29 termes spécifiques aux animaux, comme 'bacon', 'bœuf', 'poulet', 'aile' et 'côtelette'.

La rapportrice du Parlement européen, Céline Imart (PPE, française), est également parvenue à ajouter 'steak' et 'foie' à la dernière minute. Le compromis représente « un succès incontestable pour nos éleveurs », selon Mme Imart.

Il réserve l’usage des termes 'steak' et 'foie' aux produits à base de viande et engage les colégislateurs à étendre la liste des termes lors de la prochaine négociation sur la réforme de la politique agricole commune (PAC).

Certains termes seront ainsi interdits pour les alternatives végétales, notamment 'steak', tandis que des termes très répandus comme 'burger', 'saucisse' ou 'schnitzel' resteront autorisés.

En outre, l’inclusion explicite dans le texte de l’interdiction d’utiliser l’appellation 'viande' pour tout produit de laboratoire ou produit cellulaire constitue, selon Mme Imart, « une avancée décisive » pour les agriculteurs. 

Par ailleurs, la Commission européenne s’engage à avancer sur la question de la préférence européenne dans le cadre des marchés publics, ce qui constitue une étape décisive pour donner la priorité aux produits agricoles européens.

L'eurodéputé Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a vivement critiqué le compromis. Selon lui, « les consommateurs savent parfaitement ce qu’ils achètent lorsqu’ils prennent des 'nuggets' de poulet végétaux ou des 'steaks végétaux' ». Il accuse le PPE de « graver dans la loi européenne son obsession pour la viande au lieu de défendre un commerce équitable et, donc, des revenus décents pour les agriculteurs ». Pour l’eurodéputé, l’interdiction de certaines dénominations pour les produits végétaux constitue « une diversion destinée à masquer l’échec du PPE à soutenir les zones rurales ».

L’European Alliance for Plant-based Foods estime que l'accord protège les intérêts de l’industrie de la viande plutôt que ceux des consommateurs. Selon l’organisation, les nouvelles règles auront des conséquences économiques importantes, car les entreprises devront renommer leurs produits et modifier les emballages.

Mme Imart a également salué les autres éléments du texte, notamment les contrats sécurisés et l’obligation d’un mécanisme de médiation visant à protéger les revenus des agriculteurs en cas de conflit avec leur premier acheteur. L’octroi aux organisations de producteurs non reconnues d’une exemption des règles du droit de la concurrence permettra également aux agriculteurs de mieux s’organiser pour peser dans la chaîne de valeur, selon elle. (Lionel Changeur)

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