Le renforcement des compétences de l'agence Europol, dont le prochain mandat est prévu en juin prochain, a été discuté par les ministres européens lors du Conseil 'Justice et Affaires intérieures', jeudi 5 mars.
Face à l'évolution du mode opératoire des réseaux criminels, qui migrent massivement vers des applications chiffrées comme WhatsApp, la Commission européenne et la direction de l'agence plaident pour combler les limites opérationnelles qui paralysent actuellement 30% des investigations (EUROPE 13815/20). L'objectif est de consolider les capacités de traitement d'Europol et l’interopérabilité entre les bases de données nationales et européennes.
Si la France, par la voix de Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, refuse d'élargir formellement le mandat, elle souhaite « renforcer ce qui fonctionne déjà ». Au contraire, son homologue luxembourgeois, Léon Gloden, a défendu une agence « pilotée par les données », car « le crime organisé est un problème commun » nécessitant une « réponse commune ».
Ce débat trouve un écho particulier face à l'escalade des tensions au Moyen-Orient (EUROPE 13822/2). Le ministre autrichien de l'Intérieur, Gerhard Karner, a déclaré craindre un « risque accru d'attentats » exigeant une vigilance accrue sur les installations juives et américaines. Dans ce contexte, l'échange d'informations entre services de renseignement via Europol devient, selon lui, « particulièrement crucial ».
M. Gloden a également souligné l'importance de cette coopération pour identifier d'éventuels criminels iraniens qui profiteraient de l'instabilité actuelle pour pénétrer sur le sol européen. Leur collègue espagnol, Fernando Grande-Marlaska Gómez, a complété en affirmant qu'Europol doit acquérir « plus de capacités opérationnelles » pour garantir une Europe plus sûre. (Justine Manaud)