Le vice-président du groupe S&D au Parlement européen, le Maltais Alex Agius Saliba, a critiqué, jeudi 5 mars, devant un groupe de journalistes, le refus des groupes PPE, CRE et PfE d’organiser un débat en session plénière la semaine prochaine, demandé par le groupe Verts/ALE, consacré aux menaces de sanctions commerciales des États-Unis contre l’Espagne.
Ces menaces du président américain, Donald Trump, ont été proférées après la décision de Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, de ne pas autoriser les Américains à utiliser les bases espagnoles pour d’éventuelles frappes contre l’Iran (EUROPE 13821/16).
C’est lors de la Conférence des présidents (CoP) des groupes politiques du Parlement européen, mercredi, que le PPE et les groupes d’extrême droite ont refusé de prévoir un débat sur l’Espagne. « Il ne s’agit pas ici de soutenir ou non une position politique, mais simplement de montrer sa solidarité envers un État membre qui a reçu des menaces directes de la part de Trump », a ajouté M. Saliba.
Il a confirmé que le groupe Verts/ALE avait proposé d’organiser un débat, sans résolution, afin de manifester leur solidarité avec le gouvernement espagnol après les menaces proférées par M. Trump. « Le groupe S&D a soutenu cette proposition, mais nous avons été bloqués par le PPE, qui ne voulait pas inscrire un tel débat à l’ordre du jour ».
Il a souligné que, mercredi, son groupe politique avait fait preuve d’unanimité, toutes les délégations exprimant leur soutien et leur solidarité envers le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez. Il a qualifié d’« incompréhensible » le comportement du PPE, estimant que ce dernier avait « choisi le camp de Trump, pas celui de l’Europe », évoquant une trahison des intérêts européens.
Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol) a expliqué que, même face à une menace directe visant un État membre de l’Union européenne, le PPE n’a pas été capable « d’exprimer un minimum de solidarité » avec l’Espagne.
Son groupe craint que le PPE s’appuie de plus en plus sur les groupes d’extrême droite. Cette configuration est parfois qualifiée par les socialistes de « majorité 'Venezuela' », c’est-à-dire une majorité alternative composée du PPE, de la droite radicale et de l’extrême droite.
Pedro López de Pablo, porte-parole du groupe PPE au PE, s’est défendu en indiquant à Agence Europe, jeudi, que la question de l’Espagne serait traitée dans le débat en plénière consacré à l’Iran. Selon lui, il n’était donc pas nécessaire d’organiser un débat spécifique « pour sauver le soldat Pedro Sánchez », jugeant la demande de débat du groupe S&D « ridicule ».
Le silence de Mme Metsola ? M. Saliba a relevé que la présidente du PE, Roberta Metsola, a été la seule à ne pas se ranger aux côtés de M. Sánchez. « Tant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, que le président du Conseil européen, António Costa, ont exprimé leur solidarité avec l’Espagne face aux menaces de Trump », a rappelé M. Saliba.
Selon lui, le silence de Mme Metsola est problématique, car les institutions de l'UE doivent parler d’une seule voix dans un contexte de menace directe contre un État membre. (Lionel Changeur)