Dans une note de politique publique publiée fin février, l'Institut européen de recherche sur le crédit (ECRI) soutient que la souveraineté européenne dans les paiements ne doit pas se construire en opposition aux acteurs internationaux, mais à leurs côtés, en développant des alternatives européennes compétitives au sein d’un écosystème « ouvert et interopérable ».
L'Institut, fondé par un groupement d'institutions bancaires et financières - qui inclut aujourd'hui comme membres les entreprises américaines VISA et ACI Worldwide, l'agence de crédit allemande Schuffa et la banque espagnole Santander -plaide pour un écosystème européen 'multi-rail', où plusieurs infrastructures coexistent : les réseaux de cartes internationaux, les systèmes européens de paiement direct de compte bancaire à compte bancaire ('A2A'), ainsi qu'à terme, un futur 'euro numérique.'
Tout en reconnaissant les préoccupations légitimes de souveraineté européenne, l’ECRI estime que le débat politique tend à surestimer la dépendance du continent aux acteurs américains en confondant différents niveaux de la chaîne de valeur des paiements.
« Lorsque les décideurs politiques placent Visa, Mastercard, Apple Pay, Google Pay et PayPal dans la même catégorie de 'systèmes de paiement américains', ils brouillent des distinctions essentielles qui devraient pourtant orienter les réponses réglementaires », note l'institut.
« Confondre l’interface et l’infrastructure conduit à un mauvais diagnostic - et un mauvais diagnostic conduit à de mauvaises politiques publiques », relève-t-il.
Voir la note de l'ECRI : https://aeur.eu/f/l0v (Bernard Denuit)