La quatrième session de négociations entre le Conseil et le Parlement européen sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire aura lieu le 5 mars, sous présidence chypriote du Conseil de l’UE.
Lors de la réunion de la commission de l’agriculture du Parlement européen, lundi 12 janvier, la rapporteure sur ce dossier, Céline Imart (PPE, française), a estimé que des progrès avaient été obtenus lors du dernier trilogue, le 10 décembre dernier, notamment en ce qui concerne les organisations de producteurs par destination, ainsi que l’alignement du régime applicable aux organisations de producteurs du secteur laitier avec celui en vigueur dans les autres secteurs (EUROPE 13770/6). Le Parlement a également obtenu des avancées jugées satisfaisantes sur le mécanisme de médiation entre agriculteurs et leurs premiers acheteurs, a-t-elle indiqué.
Elle a toutefois déploré que la Présidence danoise du Conseil de l'UE se soit montrée « peu ouverte » aux ajouts portés par le PE qui ne figuraient pas initialement dans la proposition de la Commission européenne. Cela a notamment été le cas pour l’étiquetage de l’origine via les normes de commercialisation, la préférence européenne dans les marchés publics, ainsi que la réévaluation des seuils de référence des prix d’intervention. « Ces sujets devront être réexaminés avec la Présidence chypriote (du Conseil de l'UE, NDLR) », a-t-elle souligné.
Deux points de blocage majeurs persistent : d’une part, la question de l’opt-out (dérogations) pour le secteur du lait concernant l’obligation de contractualisation et, d’autre part, celle des dénominations liées à la viande.
Sur le premier point, la Présidence danoise s’est montrée ferme et n’a accepté aucune évolution vers la position du Parlement, estimant qu’il n’était pas souhaitable d’exclure le secteur laitier de l’application de l’obligation de contractualisation, a expliqué Mme Imart. S’agissant de la protection des dénominations liées à la viande, la Présidence danoise a fait preuve d’une « absence totale d’ouverture » à l’égard des propositions et du mandat du PE, a-t-elle regretté.
Le PE veut réserver les dénominations 'steak', 'escalope', 'saucisse' ou 'hamburger' exclusivement aux produits contenant de la viande. (Lionel Changeur)