Réunis en session plénière à Strasbourg, jeudi 23 octobre, les eurodéputés ont échangé au sujet de la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles.
Représentant la Présidence danoise du Conseil de l’Union européenne, la ministre des Affaires européennes, Marie Bjerre, a ouvert le débat en soulignant que « combattre la violence à l’égard des femmes et des filles est notre responsabilité partagée ».
Elle a rappelé que le Parlement et le Conseil avaient déjà œuvré ensemble, notamment avec l’adoption de la directive « sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique » en 2024 et celle « sur la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains ». Toutefois, a-t-elle ajouté, « notre travail est loin d’être achevé ».
Par ailleurs, Marie Bjerre est revenue sur les conclusions adoptées vendredi 17 octobre par le Conseil, qui reposent sur les trois piliers que sont la prévention, la détection précoce et l’intervention (EUROPE 13733/1).
Le commissaire européen chargé de l’Énergie et du Logement, Dan Jørgensen, pour sa part, a rappelé que « la liberté de ne pas subir de violences sexistes est un pilier de (la) stratégie (de l’UE) pour l’égalité entre les femmes et les hommes ». Il a salué l’adhésion de l’UE à la Convention d’Istanbul et l’adoption de la première directive européenne contre la violence faite aux femmes, texte qui prévoit aussi un soutien aux mères victimes de violences domestiques, avec un accès facilité à des hébergements adaptés.
Les interventions des eurodéputés ont relayé la nature protéiforme des violences subies. Abir Al-Sahlani (Renew Europe, suédoise) a déclaré : « L'UE a un problème de violence, un problème de violence sexiste. Il est vaste, grave et dévastateur. Il se manifeste en ligne, dans la vie réelle. Il se manifeste à la maison, sur le lieu de travail, dans les lieux publics ».
Et elle a ajouté que « nous devons parler des hommes... car même si tous les hommes ne sont pas concernés, c'est toujours un homme qui est l'auteur des faits ».
Elżbieta Katarzyna Łukacijewska (PPE, polonaise) a évoqué la « violence institutionnelle et économique » lorsque les systèmes ne protègent pas les mères : « Une femme qui accouche perd souvent son emploi, souvent sa chance de promotion et son indépendance financière ».
Marc Angel (S&D, luxembourgeois), quant à lui, a fustigé les « valeurs traditionnelles fondées sur le confinement des femmes à l'obéissance, à la maternité dans un cadre patriarcal, privées de leur libre choix et de leur voix ».
Katrin Langensiepen (Verts/ALE, allemande) a déclaré, évoquant son expérience personnelle avec un professeur limitant ses compétences à son genre : « La violence, l'humiliation, cela ne se passe pas en pleine rue - et c'est le summum, c'est le comble de la brutalité -, dans la rue, avec le meurtre, avec le féminicide. Cela commence à l'école ». (Nithya Paquiry)