Plusieurs eurodéputés ont réclamé, mercredi 22 octobre, la mise en place d'une commission d'enquête du PE pour faire la lumière sur les soupçons d'espionnage des institutions européennes par la Hongrie, à l’époque où l’actuel commissaire, Olivér Várhelyi, dirigeait la représentation permanente de ce pays auprès de l’UE (EUROPE 13733/15).
La Commission européenne a ouvert une enquête interne à la suite d’articles de presse affirmant que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, aurait fait espionner pendant des années les institutions de l’Union européenne à Bruxelles par le biais d’un réseau d’agents de renseignements - notamment au sein de la représentation permanente de la Hongrie auprès de l’UE, alors dirigée par l’actuel commissaire européen à la Santé.
« Le commissaire Várhelyi aurait dû être suspendu immédiatement, dans l’attente d’une enquête approfondie », a estimé Sophie Wilmès (Renew Europe, belge). Elle a réclamé la création d’une commission d’enquête sur les opérations d’espionnage présumées de la Hongrie.
Cette demande a également été formulée par Terry Reintke (Verts/ALE, allemande), qui a appelé aussi les États membres à agir en suspendant le droit de vote de la Hongrie au Conseil, en application de l’article 7 du traité sur l’Union européenne.
Le groupe La Gauche a demandé la démission d’Olivér Várhelyi.
Juan Fernando López Aguilar (S&D, espagnol) a rappelé que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, disposait d’un outil juridique, dans le traité de l'UE, lui permettant de « contraindre un commissaire à la démission s’il ne se montre pas à la hauteur de sa fonction ». Selon Birgit Sippel (S&D, allemande), il faudra des conséquences claires, y compris « au plus haut niveau de la Commission ».
Pour Zoltán Tarr (PPE, hongrois), « un nouveau scandale du gouvernement sortant d’Orbán jette une nouvelle ombre sur notre pays ».
Le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, a assuré aux députés que la présidente de la Commission « prend cette affaire très au sérieux ». Ces incidents présumés, a-t-il ajouté, « sapent le principe de coopération loyale entre les États membres et les institutions européennes ». Même si les enquêtes ne sont pas encore achevées, « je peux vous garantir que la Commission fera part de ses préoccupations au gouvernement hongrois à tous les niveaux. Nous sommes pleinement déterminés à poursuivre nos efforts pour assurer la sécurité de la Commission », a-t-il conclu. (Lionel Changeur)