La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est rendue à Belgrade, troisième étape de sa tournée dans les Balkans occidentaux, mercredi 15 octobre, alors même que le gouvernement serbe est sous le feu des critiques, accusé de dérive autoritaire et de proximité idéologique avec Moscou (EUROPE 13639/28).
Alors même que le ton monte entre l'UE et la Serbie (EUROPE 13705/19), Aleksandar Vučić continue d'affirmer que la « priorité » stratégique de son pays reste l'adhésion à l'Union européenne (EUROPE 13646/25).
« Cela ne changera pas avant les prochaines élections, et je pense que cela ne changera pas non plus après », a-t-il insisté en conférence de presse. « Je ne peux rien promettre au peuple (serbe) aujourd'hui, si ce n'est que nous allons travailler dur. Nous allons nous engager à respecter le programme de réformes. Et j'espère que dans tout cela, nous bénéficierons du soutien de l'Union européenne et que Bruxelles nous entendra sur cette question », a concédé le président serbe.
Ursula von der Leyen, de son côté, s'est montrée plus incisive que d'ordinaire sur la question de l'alignement avec la politique étrangère et de sécurité de l'Union et des relations de la Serbie avec la Russie.
« Nous vivons dans un monde fracturé, avec un écart croissant entre les démocraties et les autocraties. Et vous savez très bien quelle est la position de l'Union européenne. Nous défendons la liberté plutôt que l'oppression, y compris le droit de réunion pacifique. Nous défendons le partenariat plutôt que la soumission. Nous défendons la diplomatie plutôt que l'agression », a-t-elle insisté.
Le président serbe, qui qualifie ses relations avec le Kremlin de cordiales (EUROPE 13695/3), continue d'affirmer que les manifestations n'ont pas été réprimées dans la violence et que la réaction de la police et du gouvernement était proportionnée aux événements.
Début septembre, Aleksandar Vučić avait déclaré que les manifestants « avaient été aidés par des racailles du Parti vert européen, les pires racailles européennes venues à Novi Sad ce soir pour soutenir ces violences » (EUROPE 13705/9), provoquant un vif émoi à Bruxelles.
La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, avait rétorqué en déclarant que ces propos « n’amélioreront pas l’opinion de l’UE sur la Serbie ». « Traiter des députés européens de 'racailles' témoigne d’une compréhension douteuse de la démocratie », a-t-elle ironisé. (Isalia Stieffatre)