Dans une analyse publiée mardi 14 octobre, le centre de réflexion Centre for European Policy Studies (CEPS) pointe les faiblesses et les biais sous-jacents à l’initiative 'Finance Europe', le label volontaire lancé en juin par sept États membres de l’UE pour orienter l’épargne vers des actifs européens (EUROPE 13654/20). Bien que « politiquement séduisante », l'initiative est « économiquement erronée », selon le think tank bruxellois.
Celui-ci estime que le label repose sur un diagnostic fragile et n’apporte pas de solution aux déséquilibres macroéconomiques à l’origine des flux d’épargne vers l’étranger.
Les chercheurs soulignent que le chiffre souvent avancé de 300 milliards d’euros par an d’épargne européenne investie hors UE reflète des équilibres structurels - notamment la combinaison d’un déficit public et d’un excédent courant - et non une défaillance des marchés financiers.
Par ailleurs, imposer une part minimale d’actifs européens réduirait, selon eux, la diversification des portefeuilles, accroîtrait la volatilité et pourrait nuire aux rendements des investisseurs.
Le centre de recherche souligne également les limites de conception et de gouvernance de 'Finance Europe', qui poursuivrait trop d’objectifs à la fois sans disposer des outils adéquats.
Le CEPS préconise plutôt de s’attaquer aux causes structurelles - en clarifiant les priorités macroéconomiques, en renforçant la compétitivité des marchés européens et en s’inspirant de modèles nationaux simples et neutres. À défaut, le label risque de rester un geste symbolique plus qu’un instrument de transformation, estime le CEPS.
Lien vers l'analyse : https://aeur.eu/f/iz2 (Bernard Denuit)