Les eurodéputés du groupe S&D demandent la création d'une agence publique européenne de la santé
Le groupe S&D au Parlement européen a présenté, mercredi 16 octobre, des idées et mesures pour placer la santé au centre des politiques de l’UE, avec un accent sur la prévention et la gestion des risques environnementaux. Le groupe a demandé la création, avant la fin du mandat du PE, d'une agence publique européenne de la santé.
« L'Union de la santé a besoin d’un nouvel élan. Et nous sommes là », a déclaré Christophe Clergeau (S&D, France) lors d'une rencontre avec la presse, mercredi matin.
« La santé constitue, pour notre groupe S&D, une nouvelle priorité politique », a-t-il ajouté, précisant que le document sur les priorités en la matière avait été adopté à Opatija, en Croatie, le 1er octobre, à l’issue d'un processus politique interne.
M. Clergeau a cité le besoin d’une « révolution de la prévention, fondée sur l’approche de l’exposome » (ensemble de toutes les expositions environnementales, sociales et comportementales auxquelles un individu est soumis). « Les scientifiques estiment aujourd’hui que la génétique explique 20% des problèmes de santé, tandis que l’exposome en explique 80% », a expliqué l'eurodéputé.
Le groupe préconise un plan européen ambitieux en matière de prévention ainsi qu'une réglementation stricte sur toutes les pollutions et les produits dangereux.
Pour approfondir cette approche, il faut des données et des connaissances à l’échelle européenne. « Nous pensons qu’il faut créer une agence publique européenne de la santé », a défendu M. Clergeau. Cette agence pourrait être mise en place d'ici deux ou trois ans, selon lui, en s’appuyant sur le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et en travaillant avec l'Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA, Health Emergency Preparedness and Response).
L'idée n’est pas de fusionner toutes les agences existantes ni de créer une structure unique pour tous les produits. L'agence européenne serait dotée d’un mandat clair pour établir les liens entre santé au travail, environnement, substances dangereuses, épidémies et état de santé global, a précisé M. Clergeau.
Le groupe S&D est d'accord sur le principe d'une taxe sur les produits alimentaires ultratransformés (EUROPE 13718/7).
« Prix équitables et fiscalité, approvisionnement local et biologique et étiquetage transparent sont autant d’outils pour promouvoir des habitudes alimentaires plus saines », selon le document.
Sur les tentatives de la droite et de l'extrême droite au PE d’atténuer les règles environnementales, M. Clergeau s'est montré offensif : « Si la droite et l’extrême droite prennent la responsabilité de mettre en danger la santé des Européens, nous l’expliquerons partout en Europe. Ils devront en assumer la responsabilité devant les citoyens ».
Romana Jerković (S&D, croate) a demandé une révision des directives sur le tabac et la présentation d'un plan européen pour la santé cardiovasculaire et d'un plan européen sur la santé des femmes.
Vytenis Andriukaitis (S&D, lituanien) a conseillé d’utiliser les 'réseaux européens de référence', qui traitent de grands défis pour 35 millions de patients, afin de créer un « écosystème paneuropéen pour les maladies rares », ce qui implique également de maintenir un haut niveau dans les essais cliniques et de produire de nouveaux médicaments orphelins ainsi que des dispositifs médicaux.