login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13705
Sommaire Publication complète Par article 19 / 29
ACTION EXTÉRIEURE / Serbie

Après les menaces d'Aleksandar Vučić envers certains de ses membres, le groupe Verts/ALE au PE demande à l'UE de sanctionner Belgrade

Le ton monte entre Belgrade et l'UE. Vendredi 5 septembre, de nouvelles manifestations ont émaillé la capitale serbe, en proie à une vague de contestation depuis l'effondrement de la gare de Novi Sad en novembre dernier (EUROPE 13703/19). 

Accusé de mener une politique violente de répression, le président serbe a suscité un fort émoi lors de son discours, vendredi soir, en déclarant que les manifestants « avaient été aidés par des racailles du Parti vert européen, les pires racailles européennes venues à Novi Sad ce soir pour soutenir ces violences », et qu’ils seraient poursuivis conformément à la législation serbe. 

Une délégation d'élus issus des rangs du groupe Verts/ALE au Parlement européen, composée de Vula Tsetsi (grecque), coprésidente du Parti vert européen, et Rasmus Nordqvist, député européen danois et membre du Comité du Parti vert européen, s'est en effet rendue sur place en fin de semaine pour rencontrer le parti écologiste serbe et manifester sa solidarité avec les manifestants (EUROPE 13652/25).

« Le président, qui a autrefois qualifié les manifestants pacifiques de 'terroristes', et maintenant les députés européens et la délégation politique européenne de 'racailles', a franchi toutes les limites du discours démocratique », s'est insurgée Vula Tsetsi au lendemain de la déclaration d'Aleksandar Vučić.

Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a envoyé une lettre au Président du Conseil européen, António Costa, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi qu'à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, leur demandant de « condamner publiquement » les propos du dirigeant serbe. 

« De telles insultes personnelles, menaces de poursuites judiciaires, intimidations et désinformation de la part du chef de l'État d'un pays candidat à l'adhésion à l'UE vont bien au-delà d'un simple désaccord politique. Elles constituent une attaque contre la démocratie européenne elle-même, contre les libertés civiles en Serbie et contre la famille politique européenne », est-il écrit dans la missive.

Coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, Bas Eickhout (néerlandais) s'est insurgé contre ces agissements en conférence de presse, réclamant la suspension de certains des fonds européens alloués à Belgrade : « Nous ne pouvons pas parler de démocratie et d'État de droit au sein de l'Union européenne et, lorsque nous discutons avec Aleksandar Vučić, fermer les yeux et continuer de faire comme si de rien n'était. C'est inacceptable. Nous ne pouvons pas continuer à financer un pays qui s'oriente de plus en plus vers une autocratie selon le modèle de Poutine », a-t-il martelé (EUROPE 13639/28).

La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, a affirmé, dimanche 7 septembre, que les déclarations du président serbe « n’amélioreront pas l’opinion de l’UE sur la Serbie ». « Traiter des députés européens de 'racailles' témoigne d’une compréhension douteuse de la démocratie », a-t-elle ironisé. 

Aleksandar Vučić continue d'affirmer que la priorité stratégique de la Serbie reste l'adhésion à l'Union européenne (EUROPE 13646/25) et que ces manifestations ont un effet « néfaste » sur l'image et l'attractivité économique du pays.

À ce stade, la Commission se refuse à tout commentaire sur le possible impact de ces propos sur le processus d'adhésion de Belgrade à l'UE.

Voir la lettre des Verts/ALE : https://aeur.eu/f/ic8  (Isalia Stieffatre)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
SOCIAL - EMPLOI
BRÈVES
CARTE BLANCHE