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Bulletin Quotidien Europe N° 13705
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Proche-orient

Sanctions de l'UE à l'encontre d'Israël - « Il n’y a pas d’unité sur la suite à donner », admet Kaja Kallas devant les eurodéputés

Intervenue en session plénière du Parlement européen mardi 9 septembre, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a admis la difficulté pour les Vingt-Sept de s’accorder sur d’éventuelles sanctions contre Israël, qui poursuit son offensive militaire dans la bande de Gaza tandis que l’aide humanitaire n’y parvient qu’au compte-gouttes, laissant la population en proie à la famine.

« Il n’y a pas d’unité sur la suite à donner », a déclaré Mme Kallas, soulignant le travail mené ces derniers mois et admettant même, en fin de débat, une certaine frustration personnelle face aux divergences persistantes au sein du Conseil de l'UE.

« Nos options pour une action supplémentaire sont claires et restent sur la table, mais les États membres ne sont pas d’accord sur la manière d’amener le gouvernement israélien à changer de cap. C’est pourquoi plusieurs États membres ont maintenant pris des mesures nationales en réponse aux actions du gouvernement israélien », a ajouté la Haute Représentante.

« Mais nous ne pouvons pas avancer en tant qu’Union tant que les États membres ne partagent pas la même vision de ce qu’il faut faire », a-t-elle poursuivi, appelant à poursuivre les efforts diplomatiques avec le gouvernement de l'État hébreu.

Vers quelle résolution du PE ? Le débat tenu mardi matin a mis de nouveau en évidence une ligne de fracture entre les groupes situés le plus à droite de l'hémicycle et ceux allant du centre à la gauche radicale, quant à la nécessité, ou non, d'imposer des sanctions à Israël, de qualifier, ou non, les offensives sur la population civile de 'génocide' et de promouvoir, ou non, la solution à deux États.

En ce qui concerne le groupe des chrétiens-démocrates, Antonio López-Istúriz White (PPE, espagnol), a estimé que « l’UE a la responsabilité d’agir en médiateur honnête, avec cohérence, unité et détermination ».

« La paix, la dignité et la prospérité pour Israéliens et Palestiniens ne seront possibles que si nous laissons derrière nous les discours de haine et que nous misons sur la réconciliation et la coexistence », a ajouté l'eurodéputé, après avoir exprimé ses réserves quant aux mesures prises lundi 8 septembre par le gouvernement espagnol à l’encontre d’Israël (EUROPE 13704/10), lesquelles risquent, selon l'élu, « d’affaiblir la lutte contre le terrorisme et d’accroître l’instabilité dans la région ».

Au nom des sociaux-démocrates, Giannis Maniatis (S&D, grec) a dressé le constat « évident » que « le Premier ministre israélien ne s’intéresse pas à la paix ».

« Il ne souhaite pas un accord qui mettrait fin à la guerre et permettrait le retour de tous les otages auprès de leurs proches. Son seul objectif est la destruction totale de Gaza et l’expulsion de sa population », a-t-il déclaré, appelant ses homologues à préparer une résolution « forte », qui exigerait notamment « le gel immédiat de l’accord d’association [de l'UE] avec Israël ».

Au nom des Patriotes pour l'Europe, António Tânger Corrêa (portugais) a souligné la responsabilité du groupe terroriste islamiste Hamas. Ce dernier pourrait, selon l'eurodéputé, mettre un terme immédiat aux hostilités en procédant à la libération des otages israéliens encore détenus. Par ailleurs, l’élu a rejeté toute perspective de reconnaissance d’un futur État palestinien.

Pour les conservateurs et réformistes, Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais) a appelé à ne pas sanctionner Israël, mais à se concentrer sur la libération des otages, le démantèlement du Hamas et l'aide humanitaire à la population gazaouie. « Israël a une très grande responsabilité à cet égard », a-t-il souligné sur ce dernier point.

Hilde Vautmans (Renew Europe, belge), au nom des libéraux, a rappelé l'urgence pour l'Europe de ne pas rester « spectatrice ». « Plus de 132 000 enfants risquent de mourir, tandis que ces camions d’aide sont empêchés de passer. Des civils sont abattus parce qu’ils font la file pour un morceau de pain. Ce n’est pas une tragédie, chers collègues, c’est un crime. Et je veux que l’Europe ne soit plus complice », a déclaré l'eurodéputée en appelant notamment à imposer des sanctions et à stopper les exportations d'armes « qui alimentent les crimes de guerre ». 

« Génocide » ? « Le débat sur la formulation divise l’Europe et ne nous aide pas. Il ne nous apporte ni plus de crédibilité, ni plus de puissance, ni plus d’influence sur la scène internationale ni auprès de nos partenaires israéliens », a déclaré mardi matin Manfred Weber (PPE, Allemand). Le chef de file des chrétiens-démocrates avait été interrogé par la presse sur la volonté des groupes S&D et Verts/ALE d'inclure le terme « génocide » des Palestiniens dans le projet de résolution qui devrait être soumis au vote des eurodéputés jeudi. (Bernard Denuit)

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