Alors que le président russe, Vladimir Poutine, continue de bombarder l’Ukraine malgré les efforts diplomatiques en cours, les députés européens ont appelé encore une fois les Européens, mardi 9 septembre, à renforcer leur soutien à Kiev.
« Il faut un cessez-le-feu pour toute négociation de paix sérieuse et tant que cela n’arrive pas, il faut renforcer le soutien à l’Ukraine », a souligné Michael Gahler (PPE, allemand), rapporteur du PE sur l’Ukraine.
« On n’agit pas assez (...). Cela ne sert à rien de parler de garanties de sécurité s'il n'y a pas de pression sur Poutine pour qu’il demande aussi la paix », a estimé Thijs Reuten (S&D, néerlandais). Selon lui, la stratégie européenne doit changer avec « plus de pression, plus d’armes, des sanctions plus fortes et mises en œuvre, une saisie des actifs russes ».
Selon Serguei Lagodinsky (Verts/ALE, allemand), il n’y aura pas de paix tant qu’il n’y aura pas de garanties de paix. « Si nous assurons une présence (sur place) après la paix, alors c’est une garantie de paix et non un effort de guerre », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était de la responsabilité de l'UE de garantir la sécurité de l'Ukraine, mais également dans l'intérêt des États-Unis que cela réussisse.
« Pour stopper la Russie, nous devons créer un mécanisme de sécurité et de défense plus fort que ses ambitions militaristes. Pour dissuader l'agresseur, l'Europe n'a d'autre choix que d'étendre le système de sécurité européen au territoire ukrainien et de renforcer ses forces de défense », a souligné Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien). Selon lui, les garanties de sécurité seront efficaces si elles sont « réelles et suffisantes ».
Kinga Gál (PfE, hongroise), quant à elle, s’est dite inquiète de la présence de militaires européens sur le sol ukrainien. « Toutes ces déclarations rapprochent la guerre de l'UE et non la paix pour les Ukrainiens », a-t-elle mis en garde.
« La seule garantie de sécurité efficace pour l'Ukraine serait son retour à la neutralité. L'UE prétend œuvrer pour un cessez-le-feu. Mais en exigeant que les États membres de l'UE et de l'OTAN le surveillent, elle ne fait qu'inciter la Russie à occuper encore plus de territoire ukrainien », a complété Hans Neuhoff (ESN, allemand).
De même, pour l’Allemande Özlem Demirel, au nom de La Gauche, dire, avant même de s’asseoir à la table des négociations, que l’UE souhaite le déploiement de troupes en Ukraine est « tout simplement intenable ». « Cela montre clairement que vous ne souhaitez pas la paix », a-t-elle jugé.
La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a rappelé que depuis le début du conflit, les Européens avaient déboursé 169 milliards d’euros pour aider Kiev. Elle a notamment annoncé que les Européens avaient désormais fourni 80% de l'objectif de livrer 2 millions de munitions à l'Ukraine en 2025, visant « 100% d'ici octobre ».
Le 19e paquet de sanctions devrait également être présenté prochainement. D’après Mme Kallas, « les sanctions internationales ont déjà privé la Russie d'au moins 450 milliards de dollars de fonds de guerre, dont 154 milliards de dollars de revenus pétroliers ». Elle a espéré que d’ici 2027, les Européens n’importeront plus de gaz ou de pétrole russe.
Soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Par ailleurs, les députés ont apporté leur soutien au processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, recommandant l'ouverture d'ensembles ('clusters') de chapitres de négociation et demandant donc au gouvernement hongrois de ne plus bloquer l’ouverture du premier 'cluster'.
« La voie de l'adhésion est une question de survie, de souveraineté et de sécurité à long terme pour l'Ukraine et pour l'Europe dans son ensemble », a estimé la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, ajoutant que l’adhésion était la plus grande garantie de sécurité pour l’Ukraine.
Dans le rapport de Michael Gahler qu'ils ont adopté, les députés européens saluent les efforts « extraordinaires » du pays pour renforcer les institutions démocratiques en temps de guerre.
Ils encouragent le gouvernement à intensifier ses réformes en matière d'État de droit et l’administration publique, de justice et de lutte contre la corruption. Ils réaffirment notamment que la lutte contre la corruption exige un engagement de long terme et de gros efforts pour mettre en place une bonne gouvernance, reposant sur un équilibre des pouvoirs fonctionnel.
Des progrès dans tous ces domaines sont essentiels non seulement pour l’adhésion à l’UE, mais aussi pour la réussite de la reconstruction et la confiance économique, rappelle le PE.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/ic3 (Camille-Cerise Gessant)