L’Union européenne espère adopter son 18e paquet de sanctions contre la Russie d'ici à la fin de cette semaine, lors du sommet européen débutant jeudi 26 juin à Bruxelles, bien que les gouvernements hongrois et slovaque s’y soient farouchement opposés lors du Conseil 'Affaires étrangères' lundi 23 juin (EUROPE 13665/2).
Alors que ce nouveau paquet cible en partie le secteur de l’énergie, dont le pétrole russe (EUROPE 13656/1), la Hongrie et la Slovaquie ont insisté également pour que la Commission européenne revoie ses propositions 'REPowerEU' visant à bannir définitivement les importations de combustibles fossiles russes dans l’UE d’ici fin 2027, dans le cadre d’un nouveau projet de règlement présenté le 17 juin dernier (EUROPE 13661/5).
« Alors que le droit de l'UE a accordé à la Hongrie et à la Slovaquie des exemptions à l'interdiction du pétrole russe par un vote unanime en 2022, 'Bruxelles' cherche maintenant à révoquer cette dérogation par un vote à la majorité qualifiée [des États membres], nous privant ainsi du droit d'acheter de l'énergie russe à bas prix », a fustigé via X, Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, convaincu que l’adoption du règlement « constituerait une grave violation des règles de l’UE ».
L'opposition hongroise au nouveau paquet de sanctions européennes, n’a « rien de nouveau », a estimé la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, lundi à l'issue du Conseil 'Affaires étrangères'.
La Slovaquie, quant à elle, a indiqué qu’elle pourrait soutenir le nouveau paquet de sanctions « car il n’aurait pas d’impact négatif sur l’économie slovaque ». Mais demande à ce que celui-ci « soit lié » aux discussions concernant l’interdiction définitive des importations de combustibles fossiles russes dans le cadre de 'REPowerEU'.
« La déconnexion du gaz et du pétrole de la Russie aura des conséquences très graves sur l'économie slovaque et européenne ainsi que sur les prix des produits finis », a déclaré le ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes, Juraj Blanár, appelant à « des garanties » pour pallier « ces impacts négatifs sur la République slovaque ».
Il a ajouté que le Premier ministre slovaque, Robert Fico, communiquera clairement, lors du Conseil européen, les réserves et les demandes du gouvernement concernant 'REPowerEU'.
Interrogé à son arrivée au Conseil 'Affaires générales', mardi 24 juin à Luxembourg, le secrétaire d'État polonais, Ignacy Niemczycki, est resté optimiste concernant l’adoption du nouveau paquet de sanctions, notant des nuances entre les positions hongroise et slovaque.
Il a notamment regretté que la Hongrie continue à bloquer les pourparlers d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
« Nous devons trouver une solution, et j'espère que certaines paroles prononcées lors du sommet contribueront à faire avancer ce processus. Nous savons cependant que la position de la Hongrie est très claire. Il s'agit d'une discussion importante pour nous », a insisté M. Niemczycki. (Pauline Denys)