Les ministres de la Pêche des pays de l'UE ont demandé à la Commission européenne, mardi 24 juin, de tenir compte des progrès en matière de restauration des ressources halieutiques lors des négociations à venir sur les quotas de pêche 2026 (EUROPE 13655/9).
Luis Planas, le ministre espagnol, a souligné la nécessité d’avancer vers l’adoption de totaux autorisés de captures (TAC) pluriannuels. « Nous remercions la Commission non seulement de reprendre ceux des années précédentes, mais aussi d’avoir élargi la liste à la zone 8C », a-t-il précisé. Il a également plaidé pour une anticipation des décisions du Conseil de décembre à novembre, voire octobre, comme c’est déjà le cas pour la mer Baltique, afin d’appliquer la même logique à l’Atlantique et à la Méditerranée. « Sinon, il est très difficile pour les entreprises de planifier leur activité à seulement quinze jours du début de la campagne », a-t-il justifié.
Modernisation. La France a évoqué les évolutions nécessaires de la politique commune de la pêche (PCP), en insistant sur le besoin de moderniser la flotte tout en préservant la durabilité de la ressource. Elle a défendu l’introduction d’une jauge spécifiquement dédiée à la décarbonation ainsi que la révision des règles encadrant le soutien à la construction des navires afin de répondre aux impératifs de sécurité et d’efficacité énergétique sans pour autant augmenter la capacité de pêche. La France a également plaidé pour des mesures « miroir » de conditionnalité tarifaire dans le cadre des accords commerciaux et pour des actions contre les pays tiers pratiquant la pêche illégale.
Méditerranée. Les ministres ont noté les premiers signes d’amélioration de la situation biologique des espèces. L’Espagne a demandé une révision à la hausse des plafonds de jours de pêche (effort de pêche), en tenant compte des avis scientifiques. L’Italie, de son côté, a estimé qu’il ne fallait pas raisonner uniquement en termes de réduction de l’effort de pêche et a indiqué avoir mis en place un plan de démantèlement de navires.
L’Espagne, la France et l’Italie ont demandé la révision de l’article 4.3 du règlement sur le plan de gestion de la pêche en Méditerranée occidentale, « car nous considérons qu’il peut représenter un obstacle juridique à la prise de décisions efficaces au mois de décembre », a expliqué Luis Planas. L’objectif est de garantir un nombre de jours de pêche suffisant. (Lionel Changeur)