Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE se sont montrés partagés, mardi 24 juin, sur le niveau d’ambition du renforcement des règles en matière de transport d'animaux vivants (EUROPE 13649/9).
La délégation espagnole a exprimé son insatisfaction sur plusieurs points essentiels, dont les durées de transport, les températures et la densité dans les camions. « Nous ne pouvons pas donner notre feu vert au texte en l’état », a déclaré l’Espagne, soulignant que la proposition remontait au premier mandat de la Commission 'von der Leyen', alors que le contexte a changé avec les exigences croissantes de simplification. « Je crois que cela va être un texte sur lequel il sera difficile de se mettre d’accord », d'après Madrid.
La Finlande a fait valoir sa situation particulière : « En Finlande, nous dépendons des importations étrangères de poussins d’un jour et les délais proposés pour le transport de volailles entraîneraient des problèmes importants. De même, les limites d’âge et de poids pour les veaux sont excessivement strictes et devraient pouvoir être assouplies ».
La France a salué l'absence, dans le texte, d'interdiction des exportations d’animaux vivants vers les pays tiers.
La Hongrie a jugé que la proposition contenait de nombreux points sensibles, préjudiciables aux producteurs, et a demandé à la Commission de retirer le texte.
Pour la Roumanie, la limitation du transport maritime d’animaux vivants ainsi que la réduction des durées de voyage, notamment pour les animaux destinés à l’abattoir, constituent une ligne rouge. « Il est essentiel d’éviter toute mesure injustifiée qui rendrait le secteur de l’élevage européen moins compétitif », a plaidé la délégation.
À l’inverse, les Pays-Bas ont appelé à plus d’ambition pour améliorer le bien-être animal, en particulier en ce qui concerne les conditions et la durée du transport.
La Suède, qui a salué la proposition de la Commission, a défendu l’idée d’un système agroalimentaire à la fois durable et compétitif, fondé sur une législation ambitieuse en matière de bien-être animal et une réduction de l’usage des antibiotiques. Elle a toutefois souligné que le nouveau cadre devra s’appuyer sur des données scientifiques, démontrant que les exigences sont proportionnées, coût-efficaces et accompagnées d’une période de transition appropriée.
La Présidence danoise du Conseil de l’UE reprendra les travaux sur ce dossier, en y attachant une priorité particulière.
Lien vers le rapport de la Présidence polonaise : https://aeur.eu/f/hjk (Lionel Changeur)