La commission des transports et du tourisme du Parlement européen (TRAN) a interrogé Dariusz Klimczak, ministre de l'Infrastructure, et Piotr Borys, Secrétaire d'État au Ministère des Sports et du Tourisme, venus présenter les priorités de la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, mercredi 29 janvier. Les eurodéputés se sont concentrés en particulier sur le manque de main-d'œuvre et les conditions de travail dans le secteur des transports.
Alors que Dariusz Joński (PPE, polonais) et Johan Danielsson (S&D, suèdois) ont mentionné la pénurie de chauffeurs routiers à laquelle l’Europe fait face, Kosma Złotowski (CRE, polonais) a évoqué le problème des infrastructures. « Nous avons un problème de stationnement en Europe : selon la loi, les chauffeurs doivent pouvoir s'arrêter dans un endroit sûr pour leurs véhicules, pour les biens qu'ils transportent et pour eux-mêmes », a souligné ce dernier (EUROPE 13170/4). « Ils doivent pouvoir prendre une douche, se reposer de manière adéquate », a-t-il ajouté. Selon lui, il faut donc mobiliser des fonds européens pour résoudre ce problème.
De son côté, Elena Kountoura (La Gauche, grecque) a critiqué l’approche du Conseil sur la révision du permis de conduire, dont les négociations interinstitutionnelles viennent de commencer (EUROPE 13549/8). D’après elle, baisser l’âge d’obtention des permis pour les véhicules lourds ne résoudra pas le problème de pénurie et risque d’augmenter l’insécurité routière.« Nous devons prendre des mesures pour protéger les vies humaines, donc la révision de cette directive ne devrait pas permettre à un jeune de 17 ans de conduire des poids lourds », a-t-elle considéré.
De son côté, Julien Leonardelli (PfE, français) a critiqué « le dumping social » encouragé par le gouvernement polonais, qui abuserait de la directive sur les travailleurs détachés dans le secteur du transport routier (EUROPE 13536/2). « De nombreux accidents en France, et plus généralement en Europe occidentale, impliquent des travailleurs détachés qui ne respectent bien souvent pas les règles des transporteurs routiers », a-t-il critiqué.
Limité par le temps, M. Klimczak n’a répondu que rapidement. « Il est vrai que l'on manque de travailleurs dans le domaine des transports, d'ailleurs pas seulement dans les transports routiers, mais nous travaillons actuellement sur la révision de la directive relative au permis de conduire », a-t-il souligné. « Les salaires, les conditions de travail et le niveau de formation des personnes qui travaillent dans le domaine des transports sont une question fondamentale et primordiale. Il faut pouvoir tenir compte de tous ces éléments, les combiner et en tenir compte au moment de sélectionner les compétences qui feront des chauffeurs européens les meilleurs parmi les meilleurs », a-t-il ajouté.
M. Borys a également évoqué le problème de la main-d'œuvre et des ressources humaines dans le secteur touristique. Celui-ci représente 10% du PIB européen et a besoin de financements nationaux. Il souhaite que cette branche de l'économie soit incluse dans le prochain cadre financier pluriannuel. Cela pourrait en effet aider le secteur à « faire un bond numérique ». La gestion des données intégrées pourrait ainsi permettre de mieux gérer et analyser les flux de touristes, pour définir le potentiel de chaque destination et la nature des flux. (Anne Damiani)