La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a rappelé, mercredi 29 janvier, en ouvrant à Bruxelles la session plénière du PE commémorant le 80e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (EUROPE 13566/20), que, durant la IIe Guerre mondiale, « six millions de Juifs avaient été assassinés dans le cadre d'un génocide délibéré et organisé à l'échelle d'un État » par les nazis.
Mme Metsola a rappelé le devoir de mémoire des Européens et leur responsabilité à enseigner l'Holocauste aux jeunes générations, alors que l'antisémitisme a resurgi « en Europe, dans le monde et en ligne ». « Le Parlement européen s'en souviendra toujours. Et nous prendrons toujours la parole, comme nous l’a enseigné notre première femme Présidente, Simone Veil, elle-même survivante. Son héritage nous rappelle que la neutralité n'aide que l'oppresseur, jamais la victime », a-t-elle souligné.
Devant les députés, Corrie Hermann a retracé l'histoire de son père, le compositeur et violoncelliste hongrois Pál Hermann, mort en déportation au camp de Kaunas, en Lituanie. « Hitler a brûlé des livres, détruit des peintures et assassiné des millions de personnes, mais la musique est invincible », a-t-elle déclaré.
Deux musiciens ont interprété Kaddish de Maurice Ravel, avec notamment le violoncelle Gagliano original de M. Hermann.
Les députés ont également observé une minute de silence, perturbée par Grzegorz Braun (NI, polonais), élu du parti d'extrême droite Konfederacja. « Prions pour les victimes du génocide perpétré par les Juifs à Gaza ! », s'est-il écrié plusieurs fois, avant d'être expulsé de l'hémicycle par la présidente du PE. (Mathieu Bion)