Le représentant de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), Gonzalo Vargas Llosa, a appelé le Parlement européen à privilégier des « investissements à grande échelle » afin de stabiliser les secteurs essentiels en Syrie, en coopération avec les acteurs régionaux et internationaux de l’aide humanitaire, mardi 28 janvier.
Il a plaidé également pour des « initiatives de redressement rapide » qui, en complément de l’aide d’urgence, viseraient à s’attaquer aux causes profondes des déplacements de population et à réduire la dépendance vis-à-vis de l’assistance humanitaire.
« Le déplacement interne continue de s’aggraver, avec environ 627 000 personnes nouvellement déplacées venant s’ajouter aux besoins de plus de 7 millions de déplacées internes », a déclaré M. Vargas Llosa depuis Alep, invité à évaluer la situation sur le terrain avec les élus du PE membres de la commission du Développement (DEVE).
« Approximativement 522 000 personnes déplacées internes sont retournées dans leur région d’origine depuis le changement de régime. Cependant, beaucoup d’entre elles sont confrontées à des services insuffisants, à des moyens de subsistance limités et à des infrastructures endommagées, ce qui entrave leur réintégration durable », a-t-il ajouté.
Selon le représentant de l'UNHCR, la situation demeure l’une des crises mondiales les plus aiguës, avec près de 17 millions des personnes ayant eu besoin d’une assistance humanitaire en 2024.
Sanctions de l'UE & accès de l'aide. Si les sanctions de l'UE envers la Syrie comportent une exemption temporaire vis-à-vis des opérations humanitaires, l'assouplissement décidé lundi au Conseil de l'UE (EUROPE 13566/4) devrait « faciliter » le travail des partenaires humanitaires de l'UE, a estimé mardi le directeur général du service des opérations d'aide humanitaire (DG ECHO) de la Commission européenne, Maciej Popowski.
Interrogé sur les obstacles logistiques et politiques freinant l'accès à l'aide humanitaire par l'eurodéputée Leire Pajín (S&D, espagnole), M. Popowski a considéré le cas de la Syrie comme le parfait exemple d'un pays en crise nécessitant la mise en place d'un 'Nexus Humanitaire-Développement-Paix'.
Cette stratégie conjuguant l'assistance d'urgence avec la mise en œuvre d'une coopération au développement à moyen et long terme avait été discutée plus tôt dans la journée en commission DEVE avec les commissaires européens concernés (EUROPE 13567/20). (Bernard Denuit)