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Bulletin Quotidien Europe N° 13568
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

L'UE est prête à chercher des solutions commerciales mutuellement bénéfiques avec Washington, mais elle défendra ses intérêts, assure Maroš Šefčovič

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a repris à son compte, mercredi 29 janvier, l'approche poursuivie par l'Union européenne dans ses relations futures avec les États-Unis avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, dans la droite ligne qu'avait définie à Davos la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen (EUROPE 13562/1).

« Personne n'a intérêt à une escalade », a estimé M. Šefčovič devant la commission du commerce international du Parlement européen. Il a indiqué que l'UE était prête à s'impliquer pour trouver des solutions mutuellement bénéfiques dans des domaines commerciaux (investissements, achats accrus de gaz GNL, sécurité économique) d'intérêt commun tout en protégeant « ses propres intérêts et ses valeurs en cas de scénarios disruptifs ». Pour y parvenir, « l'unité est notre meilleur atout », a fait valoir le commissaire, qui prendra personnellement contact avec le Secrétaire d'État américain au Commerce, Howard Lutnick, après sa confirmation attendue ce vendredi.

En réponse à une question de Brando Benifei (S&D, italien), M. Šefčovič a rappelé que les économies européenne et américaine étaient les plus imbriquées au monde, faisant état d'échanges atteignant 1 500 milliards d'euros. Selon ses chiffres, les États-Unis font face à un déficit de 154 milliards d'euros dans leurs échanges de marchandises avec l'UE. Concernant les services, leur excédent est de 104 milliards d'euros. Au final, le déficit américain est seulement de « 50 milliards d'euros », a noté le commissaire, ajoutant que, chaque année, 300 milliards d'euros d'épargne européenne étaient investis sur les marchés américains des capitaux.

À ce stade, les États-Unis n'ont pris aucune mesure commerciale ciblant directement l'UE. Donald Trump a signé un décret demandant à son administration d'évaluer, d'ici au 1er avril, les déséquilibres commerciaux auxquels les États-Unis font face.

Dans l'intervalle, l'UE se tient prête à réagir, si nécessaire, et tente d'élargir ses discussions avec d'autres partenaires. Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande) a d'ailleurs suggéré de mettre sur pied « une coalition internationale » pour permettre à des pays ou juridictions de réagir en cas de fortes tensions commerciales avec les États-Unis.

Maroš Šefčovič a fait état d'une « longue liste » de partenaires - l'Asie du Sud-Est, les pays du Golfe - prêts à approfondir leurs relations commerciales avec l'UE, jugée « fiable et prévisible ».

La finalisation récente des négociations avec le Mercosur et le Mexique (EUROPE 13560/1) et la relance des négociations avec la Malaisie (EUROPE 13561/17) illustrent cette volonté de « diversifier » les partenaires commerciaux de l'UE, selon le commissaire.

M. Šefčovič a vanté les mérites de l'accord de libre-échange révisé avec le Mexique, qui est devenu le deuxième partenaire commercial de l'UE en Amérique latine. Cet accord permettra de sécuriser l'approvisionnement en matières premières critiques, supprimera 95% des barrières commerciales visant les produits agricoles et de la pêche et protégera 568 appellations d'origine.

« Le Mexique importe chaque année plus de 2 milliards d'euros de produits agricoles européens, dont 200 millions de produits laitiers », a argumenté le commissaire. Et d'ajouter que le chapitre sur le développement durable sera « similaire » à celui négocié dans l'accord bilatéral avec le Chili.

Enfin, M. Šefčovič a fait état de discussions relancées avec l'Inde, où le Collège des commissaires européens se rendra en février. (Mathieu Bion)

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