La Présidence polonaise du Conseil de l’UE espère amener les États membres à une position commune sur la proposition qui encadre l’utilisation des nouvelles techniques génomiques (NTG), de manière à « entamer au plus vite les négociations avec le Parlement européen », a indiqué le ministre polonais Czesław Siekierski devant les eurodéputés.
Le ministre polonais de l’Agriculture a présenté ses priorités du semestre devant la commission de l’agriculture du Parlement européen.
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a demandé davantage de simplification pour les agriculteurs. Dario Nardella (S&D, italien) a évoqué les changements de la PAC découlant de l’élargissement de l’UE, notamment s’agissant de l’Ukraine.
Raffaele Stancanelli (Patriotes pour l'Europe, italien) a demandé au ministre comment il comptait améliorer le revenu des agriculteurs. Carlo Fidanza (CRE, italien) a demandé la position du ministre polonais sur la question de la viande cellulaire.
Martin Häusling (Verts/ALE) a parlé des relations commerciales avec l’Ukraine et les pays du Mercosur.
En répondant à des questions de plusieurs députés sur le dossier « complexe » des NTG, Czesław Siekierski a expliqué que l’innovation était importante et que ces plantes devaient contribuer à la sécurité alimentaire. Il faut un accès aux nouvelles techniques et il y a la question des brevets, a-t-il relevé. La Présidence polonaise a déjà présenté un projet de compromis (EUROPE 13553/1).
Sur le 'Pacte vert européen', Czesław Siekierski, ancien président de la commission de l’agriculture du PE, a noté que « des changements ont été apportés, car des dispositions pesaient trop sur les épaules des agriculteurs et n’étaient pas logiques du point de vue environnemental ».
Concernant l’accord avec les pays du Mercosur, le ministre polonais de l’Agriculture a critiqué la manière peu transparente dont les négociations ont été menées par la Commission. Les agriculteurs et les pays de l’UE n’ont pas été assez informés, selon M. Siekierski. Il a expliqué que les ministres de l’Agriculture avaient demandé à la Commission, lundi 27 janvier, de présenter des données sur les « concessions accordées dans le cadre des accords de libre-échange avec différents pays du monde ». « C’est une erreur que la Commission n’ait pas tout divulgué », a résumé le ministre (EUROPE 13567/16).
S'agissant de l'Ukraine, il ne faut pas, selon le ministre polonais, que ce soient les agriculteurs qui supportent seuls « un maximum des coûts de l'ouverture des échanges commerciaux ».
Plusieurs eurodéputés ont évoqué la proposition de la Commission visant à imposer des sanctions sur les engrais russes et biélorusses (EUROPE 13567/1), « qui aura un impact sévère sur la production et la compétitivité agricoles », a mis en garde le Copa-Cogeca, mercredi. « Ces mesures risquent d'entraîner une hausse des prix des engrais d'au moins 40/45 euros par tonne pour la prochaine campagne agricole. Cette hausse exercerait une pression financière supplémentaire sur des exploitations agricoles déjà confrontées à un climat économique très difficile. Les conséquences pour la production agricole, la compétitivité et les revenus des agriculteurs pourraient être catastrophiques », prédit l'organisation. (Lionel Changeur)