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Bulletin Quotidien Europe N° 13170
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Les chauffeurs routiers européens déplorent des conditions de travail lamentables

Des chauffeurs routiers et des représentants de la profession ont alerté sur les conditions déplorables dans lesquelles ils travaillent, lors d’une réunion organisée mercredi 26 avril par le PPE. Ils réclament une application plus rapide du paquet ‘Mobilité’ (EUROPE 12895/13) et s’inquiètent du manque d’attractivité du métier pour les femmes et les jeunes générations.

Maciej Wronski, président de l'Association des employeurs dans le secteur du transport et de la logistique de Pologne a expliqué qu’il manque actuellement entre 400 000 à 500 000 chauffeurs. « Nous devrions avoir 1,5 chauffeur par véhicule, aujourd'hui nous en avons un, voire moins », a-t-il regretté. Cette pénurie de main-d'œuvre sur le marché explique l'augmentation des salaires et les employeurs qui proposent des modalités de travail flexibles. Mais entre maladies professionnelles et conditions de travail, les chauffeurs routiers sont de moins en moins nombreux et ne sont pas remplacés.

Iwona Blecharczyk, chauffeur routier depuis 12 ans et PDG de la compagnie Imagination Transport, a mené une enquête auprès de plus de 60 000 autres chauffeurs à travers l’Europe. D’après le sondage, 66% d'entre eux ont envisagé de quitter leur métier en raison des conditions de travail. L’Allemagne, la France et la Belgique arrivent en tête des pays offrant les pires conditions de repos. 

Mme Blecharczyk a décrit des conditions de travail humiliantes : difficultés d’accès à des sanitaires, sanitaires insalubres et sales, nuisances sonores sur les aires de repos, insécurité et manque de considération des autorités en cas de vol de carburant. Les chauffeurs en ont marre, a-t-elle signalé.

Dagmara Trusewicz, PDG de l'entreprise de logistique Boekestijn Transport Services, a présenté les résultats d’un autre rapport sur les conditions difficiles dans les zones de chargement et de déchargement. Outre les difficultés d’accès à l’hygiène, la phase de chargement/déchargement constitue également un problème. La moitié des aires dédiées n'offrent pas assez de places de parking et leur temps d'attente est trop long, pouvant atteindre parfois plus de 10 heures. « Il y a un déficit structurel et d'infrastructure qui peut être abordé par les hautes autorités [...], nous avons besoin de l'aide de la Commission européenne pour appliquer la législation », a-t-elle indiqué.

Pour Elżbieta Łukacijewska (PPE, polonaise), qui a travaillé sur le paquet 'mobilité', la priorité est de rendre le secteur plus accueillant pour les femmes et la jeune génération. Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain) attend des propositions claires de la part de la Commission.

La représentante de la direction générale de la Mobilité et des Transports de la Commission (DG MOVE) a répondu que toutes les dispositions n'ont pas encore été mises en œuvre par les États membres, car le paquet 'mobilité' n’est applicable que depuis l'année dernière. Concernant les places de parking, elle a expliqué que des appels d'offres sont en cours et que des fonds européens y seront dédiés. « De nouvelles infrastructures ont été financées et modernisées, il reste encore beaucoup à faire », a-t-elle convenu. (Anne Damiani)

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