Si l’UE a pris conscience de la nécessité de protéger la liberté des médias, les progrès en la matière sont « entachés par des contradictions » et des limites, constate un rapport du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié mardi 25 avril.
En effet, le CPJ reconnaît l’impulsion positive donnée par la Commission européenne actuelle en matière de défense des médias. Il salue tout particulièrement des initiatives telles que la recommandation sur la sécurité des journalistes, la directive visant à lutter contre les procédures bâillon (‘anti-SLAPPs’) ou l’Acte pour la liberté des médias (EMFA).
Toutefois « le changement de cap de l'UE doit encore se traduire en des actions significatives au sein des États membres », met-il en garde. Le rapport souligne ainsi qu’en vue de sa « capacité limitée à modifier les comportements d’États membres récalcitrants », l’action de l’UE se heurte à la volonté des gouvernements nationaux.
Le rapport met également en évidence des contradictions dans les initiatives législatives de l’Union. Tout en avançant des textes dédiés à améliorer l’environnement médiatique, d’autres instruments législatifs le brident. La directive sur le secret des affaires, par exemple, constitue « un obstacle systématique aux reportages légitimes d'intérêt public ». De la même manière, les mesures visant à lutter contre l’abus des enfants en ligne et le terrorisme ou à protéger les données privées peuvent être instrumentalisées pour censurer les journalistes ou limiter leur travail. Les institutions de l’UE elles-mêmes, ajoute le CPJ, « sont loin d’être totalement transparentes ».
Enfin, pour le CPJ, « la stratégie de l'UE en matière de relations extérieures à l'égard des autocrates qui violent les droits des journalistes manque encore souvent d'uniformité ou de clarté ».
Le comité recommande donc à l’UE : - de remédier aux législations et pratiques qui restreignent le travail des journalistes ; - de veiller à ce que l’EMFA et la directive ‘anti-SLAPPs’ soient solides ; - de renforcer son assistance politique, diplomatique et d’urgence pour les journalistes en danger.
Consulter le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/6k5 (Hélène Seynaeve)