La commission spéciale sur l'ingérence étrangère du Parlement européen (ING2) a adopté, mercredi 26 avril, un rapport appelant à une « stratégie coordonnée » de l’UE face aux influences dissimulées étrangères (EUROPE 13098/12).
Une stratégie coordonnée
« L'UE reste à la traîne et souffre d'une approche fragmentée », a déclaré par voie écrite Sandra Kalniete (PPE, lettone), en amont du vote. « Des investissements significatifs et durables doivent être réalisés sans tarder pour protéger notre démocratie, avec une stratégie globale et coordonnée ». Elle a aussi appelé à s’inspirer de « partenaires comme l'Ukraine (et Taïwan) » en matière de résilience et à mettre en œuvre des sanctions contre la manipulation de l’information par des entités étrangères.
« Mon rapport présente une vision claire et stratégique de la voie à suivre, y compris des recommandations sur la manière de renforcer nos institutions, d'investir dans les capacités et de doter nos citoyens des outils nécessaires pour contrer la désinformation hostile », a-t-elle résumé. Le texte balaie ainsi 11 chapitres distincts, allant de la résilience de l’UE face à l’ingérence étrangère à la protection des infrastructures critiques, en passant par la cybersécurité.
927 amendements
Validé avec 27 votes pour, un contre et une abstention, le rapport s’est sensiblement allongé par rapport à sa première version. Et pour cause : les eurodéputés ont déposé 927 amendements, synthétisés en 159 amendements de compromis.
Dans l’ensemble, les membres ont suivi l’approche de « pays à haut risque » ('high-risk country approach’) proposée par Mme Kalniete. Ils ont, par exemple, désigné explicitement la plateforme TikTok en tant que « source de désinformation alimentée par la Chine » ou encore exprimé leurs inquiétudes quant à la dépendance de la Hongrie à l'égard des énergies fossiles russes.
Enfin, conformément au souhait de Mme Kalniete, les références au ‘Qatargate’ (EUROPE 13160/26) ont finalement été limitées. Le texte amendé préconise toutefois de « suspendre immédiatement tout travail sur les dossiers législatifs relatifs au Qatar et au Maroc ainsi que les badges d'accès des représentants d'intérêts des deux pays ».
Le projet de rapport : https://aeur.eu/f/6jp
Les amendements : https://aeur.eu/f/6jr ; https://aeur.eu/f/6jt ; https://aeur.eu/f/6jw
Et les amendements de compromis : https://aeur.eu/f/6jq (Hélène Seynaeve)