Sandra Kalniete (PPE, lettone) a présenté, jeudi 12 janvier, son projet de rapport appelant à une « stratégie coordonnée » contre les interférences étrangères (EUROPE 13094/10) à la commission spéciale du Parlement européen dédiée à ce sujet (ING2).
Si le rapport balaie dix chapitres différents, l'eurodéputée a particulièrement insisté sur la nécessité que l’Union européenne protège ses infrastructures critiques et son « espace informationnel ». Elle a également demandé la mise en place d’un « régime de sanctions spécial » pour que ceux qui « essaient d'influencer nos démocraties [...] paient des prix insoutenables ». Enfin, elle a réitéré son soutien à la création d’une « commission permanente qui se concentrerait sur les guerres hostiles d’information ».
Dans l’ensemble, les eurodéputés ont accueilli favorablement ce projet rapport, préconisant néanmoins d’y inclure davantage de dispositions relatives au ‘Qatargate’ (EUROPE 13097/2). Bart Groothuis (Renew Europe, néerlandais), par exemple, a souligné l’importance que le PE se dote d’une « organisation de contre-espionnage à part entière ». Andreas Schieder (S&D, autrichien), quant à lui, a avancé qu’une alternative serait que la commission ING2 soit utilisée comme « commission d’investigation » sur les cas de corruption.
Les membres d'ING2 ont également salué la proposition de Mme Kalniete de passer à une approche « neutre vis-à-vis du pays » ('country-agnostic approach') à une approche de « pays à haut risque » ('high-risk country approach').
« C'est une poignée de nations qui nous donnent du fil à retordre », a souligné M. Groothuis, mentionnant spécifiquement la Russie, la Chine et l’Iran, dont le point commun serait un « programme d'espionnage offensif », une obligation pour leurs citoyens et entreprises « d’obéir à toute demande de l’État », y compris en dehors de leur territoire, ainsi qu’une « vision révisionniste du modèle libéral ».
« Il n’y a pas (…) le même type de danger entre une entreprise de pêche en Norvège et Gazprom », a renchéri Raphaël Glucksmann (S&D, français), estimant qu’une « des plus grandes failles est l’incapacité politique à formuler une échelle des menaces ».
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/4T1 (Hélène Seynaeve)