Si les pays mettent pleinement en œuvre les engagements qu’ils ont annoncés en matière d’énergie et de climat, le marché mondial des principales technologies d’énergie « propre » fabriquées en série – panneaux solaires, éoliennes, batteries des véhicules électriques, électrolyseurs et pompes à chaleur – représentera environ 650 milliards de dollars par an d’ici à 2030, soit plus du triple du niveau actuel, indique un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) jeudi 12 janvier.
L’AIE anticipe en outre un doublement des emplois liés à la production d’énergie « propre », qui passeront de 6 millions aujourd’hui à près de 14 millions d’ici à 2030.
Pour Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence, cela montre que « nous entrons dans une nouvelle ère industrielle, celle de la fabrication de technologies énergétiques propres ».
Si cette nouvelle ère est porteuse d'opportunités, elle présente aussi des risques, prévient toutefois le rapport, en particulier en termes de fortes concentrations géographiques d’extraction et de traitement des ressources ainsi que de fabrication de technologies.
L’AIE souligne ainsi que la Chine représente 85% de la capacité de production déclarée pour le solaire photovoltaïque, 75% pour l’éolien, 70% pour les batteries et 25% pour les électrolyseurs.
Parallèlement, une grande partie de l’exploitation minière des minéraux critiques est concentrée dans un petit nombre de pays. La République démocratique du Congo, par exemple, produit plus de 70% du cobalt mondial, tandis que trois pays seulement - l’Australie, le Chili et la Chine - représentent plus de 90% de la production mondiale de lithium.
L’agence craint que ces chaînes d’approvisionnement « étroites » ne fassent grimper les prix des technologies d’énergie propre, rendant la transition énergétique plus difficile et plus coûteuse.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/4vi (Damien Genicot)