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Bulletin Quotidien Europe N° 13098
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Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Le soutien à Kiev, « priorité des priorités » de la Présidence suédoise du Conseil de l’UE

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a promis, mercredi 11 janvier, lors d’une rencontre à Stockholm avec des journalistes européens, dont EUROPE, que l’Ukraine serait la priorité des priorités de la Présidence suédoise du Conseil de l’Union européenne. Selon le ministre des Affaires étrangères, Tobias Billström, la guerre en Ukraine va en effet « influencer tous les aspects » de cette présidence.

« Quand le monde est menacé, l'UE est à la hauteur. Nous maintiendrons le soutien de l'UE dans tous les domaines. La victoire ukrainienne est aussi existentielle pour l'Europe », a estimé M. Kristersson, précisant que l’unité entre l’UE et les États-Unis restait le « meilleur atout ».

Pour aider l’Ukraine, M. Billström a aussi plaidé pour de nouvelles sanctions à l'encontre de l'agresseur russe. « Avec le soutien de l'UE à l'Ukraine, les sanctions sont les meilleurs outils pour aider l’Ukraine à gagner la guerre », a-t-il estimé, désireux de « continuer à explorer comment renforcer la pression sur la Russie ».

Une source gouvernementale suédoise a précisé qu’une partie du secteur industriel russe ne faisait pas encore l'objet de sanctions et que des lacunes existaient concernant les mesures en place visant les équipements de fabrication.

Le ministre des Affaires étrangères a en outre expliqué qu’au-delà de l’adoption de mesures restrictives supplémentaires, la mise en œuvre effective et cohérente des sanctions déjà adoptées, ainsi que la prévention de leur contournement étaient d’autres priorités de la Présidence suédoise.

Interrogé sur le soutien militaire de la Suède à l’Ukraine, M. Kristersson a confirmé que son pays voulait faire plus. « Le soutien est nécessaire, il doit continuer au même niveau. Il faudra probablement encore plus pour pouvoir gagner la guerre », a confirmé le commandant suprême des forces armées suédoises, Micael Byden.

Au-delà de l’aide matérielle, le ministre suédois de la Défense, Pal Jonson, a relevé que quinze Suédois participent à la mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine (EUMAM), un nombre qui devrait augmenter.

Adhésion à l'UE : les réformes en Ukraine vont dans le bon sens

Interrogé sur le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, M. Billström a salué le processus de réformes en cours dans le pays, malgré la guerre.

La Commission doit publier au printemps un rapport sur l’état d’avancement des réformes qui doit permettre aux États membres de juger si le pays a fait assez de progrès pour ouvrir les négociations d’adhésion. « Il faut reconnaître à l'Ukraine les efforts déployés pendant la guerre pour promouvoir la voie vers l'UE », a souligné M. Billström.

Il n’a toutefois pas répondu à la possibilité pour Kiev d’ouvrir ses négociations d’adhésion sous Présidence suédoise.

À Bruxelles, lors d’une conférence en ligne organisée par le centre de réflexion European Policy Center, la ministre ukrainienne pour l’Intégration européenne, Olga Stefanishyna, a expliqué que son pays considérait le processus d’adhésion à l'UE comme « une préparation pour l'Ukraine après la victoire ». « Nous devons donc être préparés, notre pays doit être un membre compétitif, fort et fiable de l'UE », a-t-elle souligné.

Selon Mme Stefanishyna, bien que des progrès aient été enregistrés dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent et dans la réforme du Code pénal, des dérogations seront nécessaires si le pays entame les négociations d’adhésion en raison de la guerre, notamment concernant les politiques climatiques et environnementales.

Investir dans la sécurité de l’UE

Par ailleurs, le ministre suédois des Affaires étrangères a considéré que le soutien à l’Ukraine constituait également un investissement pour l’environnement sécuritaire de l’UE. « L'UE n'a pas d’autre choix que de devenir un acteur géopolitique plus fort et plus cohérent et de prendre en charge la sécurité européenne », a-t-il expliqué.

Son homologue à la Défense a ajouté que la guerre en Russie et la défense de la souveraineté ukrainienne définiraient les enjeux de la politique de sécurité de l’UE pour les prochaines années.

M. Billström a rappelé que l’adhésion de son pays à l’OTAN – en cours, mais encore en attente des ratifications hongroise et turque – tout comme la hausse des dépenses militaires – l’objectif est d’atteindre les 2% en 2026 – étaient « des conséquences directes du nouveau contexte géopolitique ».

Pal Jonson a précisé que l’intégration politique et militaire continue, pour que la Suède devienne un membre à part entière de l’OTAN, était une priorité absolue de son gouvernement.

Selon le commandant suprême, la Suède sera prête dès le premier jour de son adhésion à l’OTAN et pourrait notamment rapidement prendre part à la police de l'air, la présence renforcée et la défense aérienne. (Camille-Cerise Gessant avec Léa Marchal)

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