La directrice générale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) au Service européen pour l’action extérieure, Hélène Le Gal, a souligné, mercredi 26 avril, que les dirigeants libanais devaient débloquer la situation politique du pays au plus vite.
Devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Mme Le Gal a mis en avant les préoccupations de l’UE pour le blocage « l’une après l’autre » des institutions démocratiques libanaises. Le gouvernement fait fonction depuis mai 2022, la présidence est vacante depuis fin octobre 2022 et les élections municipales viennent d’être reportées sine die.
« Le Liban ne peut pas se permettre de faire face à une crise économique sans avoir un cadre institutionnel », a prévenu la directrice générale, alors que le pays fait face à un « effondrement » économique, monétaire et du système bancaire et que le « le gouvernement en fonction est trop faible pour mettre en œuvre l’accord » trouvé avec le FMI, selon elle.
« Malgré les efforts multiples de l’UE et de la communauté internationale et les mises en garde, il semble qu’il n’y ait pas de sensation d’urgence parmi les élites libanaises », a regretté Mme Le Gal.
Estimant que l’UE devait tirer les leçons d’une inaction politique constante et de l’absence de reddition des comptes pour l’explosion du Port de Beyrouth, la directrice générale a rappelé que l’UE dispose d’un cadre pour des mesures restrictives en lien avec la corruption, qui « va être réévalué à partir de mi-juin ». L’unanimité des États membres est nécessaire pour le prolonger d’un an et/ou pour y inscrire des personnalités.
En amont du Conseil du 24 avril, un diplomate avait expliqué à EUROPE que les États membres n’en étaient pas encore au stade de la concrétisation du cadre avec des noms, qu’ils étaient encore en train d’envisager d'autres actions possibles.
Par ailleurs, Mme Le Gal a rappelé que la conférence sur la Syrie se tiendrait les 14 et 15 juin. (Camille-Cerise Gessant)