La volonté de prévenir la pollution marine par les microplastiques et de contribuer à l'accélération des travaux à l'organisation maritime internationale (OMI) sur le transport de containers contenant des granulés plastiques a été partagée par les eurodéputés, jeudi 18 janvier, lors d'un débat sur les conséquences de la catastrophe écologique en Galice due au déversement accidentel de tonnes de granulés plastiques d'un container perdu en mer par un navire.
Face aux inquiétudes qui ont motivé ce débat, le commissaire européen à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius, a souligné d'entrée de jeu l'importance de la proposition de règlement de l’UE visant à prévenir la pollution microplastique due à la libération involontaire de granulés plastiques dans l’environnement, actuellement à l'examen. Celle-ci « couvre tous les opérateurs qui produisent, stockent ou transportent des granulés, par route ou voies navigables » et, en cas de pollution, « le principe du pollueur-payeur doit s'appliquer », a-t-il rappelé (EUROPE 13273/11).
S'agissant des outils déjà disponibles au niveau de l'UE pour aider, le commissaire a cité l'Agence de sécurité maritime, qui permet l'échange d’informations sur les containers abîmés en mer, le mécanisme de protection civile de l'Union, mais aussi les fonds de solidarité européens qui pourraient soutenir l'effort coûteux de nettoyage, une fois connus les résultats de l'enquête en cours en Espagne sur les responsabilités.
Dans le cadre de l'OMI, trois aspects sont à prendre en compte sur le transport des granulés par container, a indiqué le commissaire : - un emballage correct pour résister aux chocs pendant le transport ; - des informations de transport pour identifier très clairement les containers de fret qui transportent des granulés plastiques ; - le stockage sûr pour éviter les conséquences négatives sur l’environnement.
Selon lui, les containers de transport de marchandises avec des granulés plastiques devraient être stockés à l’intérieur et l'inclusion d'une telle disposition dans la législation de l'UE pourrait être envisagée quand l'OMI aura pris sa décision.
Deirdre Clune (PPE, irlandaise) s'est interrogée sur le temps qui s'est écoulé « entre le 8 décembre et le 2 janvier pour que les gouvernements régionaux soient informés ».
Et de souligner que « des centaines de personnes travaillent jour et nuit pour nettoyer cette pollution, parce qu’elles veulent protéger leur environnement, leur pêche et leur gagne-pain ». Elle estime que cette pollution jette la lumière sur l'intérêt du règlement proposé.
« 26 tonnes de granulés, des millions de granulés plastiques qui polluent un environnement magnifique ! », s'est alarmé Joao Albuquerque (S&D, portugais), rapporteur pour la proposition (EUROPE 13324/5), assurant de sa volonté de « la faire avancer en misant sur la prévention, mais aussi de faire monter la pression sur l'OMI ».
Les 'marées blanches' sont aussi graves que les marées noires, car les granulés plastiques sont du pétrole transformé, a souligné Catherine Chabaud (Renew Europe, française). « Les solutions existent, mais ne sont pas appliquées », a-t-elle dit, estimant que les granulés plastiques doivent être stockés à l'intérieur des cales des navires. Et de plaider aussi pour des exigences de traçabilité tant à l'OMI que dans le règlement européen proposé.
Pour Ska Keller (Verts/ALE, allemande), les millions de granulés plastiques dont on parle ne sont que « la partie émergée de l'iceberg : même pas 1% des granulés perdus chaque année ».
Gauche et droite espagnoles se sont affrontées en amont des élections européennes, la gauche, à l'instar de Nicolás González Casares (S&D), accusant le gouvernement PP de Galice de « marée de mensonges », quand la droite a accusé le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez d'un manque de réactivité.
« Les socialistes jouent la carte de la catastrophe naturelle, mais la destruction de la pêche, la délocalisation de la pêche par extension des zones exclusives, la réduction de la flotte de pêche et des captures alors que les importations des pays tiers augmentent de 96%, c'est ça la vraie catastrophe », a lancé Jorge Buxadé Villalba (CRE).
Idoia Villanueva Ruiz (La Gauche) a reproché au PPE de « nier la catastrophe plus d'un mois après » sa survenue. Selon elle, « il est temps d'en finir avec l'impunité des entreprises, d'obliger les autorités à agir immédiatement ». (Aminata Niang)