Le Conseil scientifique consultatif européen sur le climat, dans son rapport 'Vers la neutralité climatique de l'UE : progrès, lacunes politiques et opportunités', publié jeudi 18 janvier, appelle à des actions immédiates pour la neutralité climatique de l'Union européenne.
Ce rapport, basé sur l'évaluation de plus de 80 indicateurs, révèle un besoin urgent de renforcer les efforts dans tous les secteurs, en particulier dans le bâtiment, les transports, l'agriculture et la foresterie, pour atteindre les objectifs climatiques de 2030 à 2050.
L’étude recommande une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 90 à 95% d'ici 2040, alignée sur l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C suivant l'Accord de Paris. Malgré le potentiel du paquet législatif 'Fit for 55' à accélérer la décarbonation, le Conseil insiste sur la nécessité de mesures supplémentaires pour atteindre la neutralité climatique d'ici 2050.
Le Conseil scientifique met l'accent sur l'urgence pour les États membres de renforcer et de mettre en œuvre leurs plans nationaux en matière d'énergie et de climat, afin d'assurer une réduction des émissions de l'UE de 55% ou plus d'ici 2030.
Le rapport souligne également la nécessité de réviser la directive sur la taxation de l'énergie et d'éliminer les subventions aux combustibles fossiles, qui s'élèvent à environ 50 milliards d'euros par an, entravant la réduction de l'utilisation des énergies fossiles.
Concernant l'agriculture et la foresterie, l'analyse recommande d'aligner la politique agricole commune de l'UE avec les ambitions climatiques, en privilégiant des pratiques agricoles moins émissives. Il suggère également d'introduire une tarification des émissions dans ces secteurs d'ici 2031.
Enfin, le Conseil scientifique insiste sur une transition juste et équitable, nécessaire pour maintenir le soutien public à l'action climatique, en appelant à une évaluation systématique des impacts socioéconomiques des mesures climatiques et à l'implémentation de mesures redistributives pour les ménages et entreprises les plus affectés.
Silvia Pastorelli, responsable de la campagne climat de l’organisation Greenpeace dans l'Union européenne, souligne qu’avec cette publication du Conseil consultatif scientifique européen, les propres conseillers scientifiques de l'UE affirment que l'UE fait de grands discours sur le climat, mais ne tient pas ses promesses. Selon elle, « l'UE doit fixer une date pour la fin de tous les combustibles fossiles et mettre en place les plans nécessaires pour que cela devienne une réalité, tout en protégeant les plus vulnérables ».
Du côté du porte-parole environnemental du groupe PPE, Peter Liese (allemand), il faut accélérer les processus d’autorisation pour les entreprises qui souhaitent investir dans la transition énergétique. Il estime ensuite que la Commission européenne doit mettre en place un groupe de travail pour aider les pays tiers à introduire des systèmes d'échange de quotas d'émission comme dans l'UE, « afin de parvenir à une protection du climat véritablement mondiale ».
Le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/agd (Pauline Denys et Nithya Paquiry)