L'Europe est le seul continent à assumer la neutralité carbone, mais elle ne peut pas réguler pour parvenir à ce niveau tout en étant celui qui investit le moins, a estimé le président français, Emmanuel Macron, lors d'un discours au Forum économique mondial de Davos, mercredi 17 janvier.
Selon le président français, l'Europe reste le niveau pertinent pour agir et permettre aux entreprises de rester compétitives face à la concurrence internationale, alors que, dans la course aux technologies 'zéro émission nette', les États-Unis et la Chine « sursubventionnent » leur économie.
M. Macron a préconisé « une Europe de l'investissement beaucoup plus forte » et notamment « plus d'investissements publics européens », comme cela avait été fait pour affronter la pandémie de Covid-19, « peut-être en osant à nouveau des eurobonds ». Il a loué « le courage » de la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, issue d'un pays « plutôt réputé pour être frugal », « de proposer des eurobonds pour l'industrie de défense et l'Ukraine ». « Allons-y sur des grandes priorités d'avenir », a-t-il renchéri.
CMU. Deuxième priorité pour le président français : « approfondir l'union des marchés de capitaux » dans l'UE afin d'aboutir à « une Europe financière qui soit beaucoup plus intégrée » et capable de mobiliser une épargne abondante, mais mal allouée d'un point de vue géographique et sectoriel. « Si on bloque à vingt-sept, la France va proposer d'avancer sur une coopération renforcée sur ce sujet », a-t-il annoncé.
La stratégie industrielle voulue par M. Macron passera par « une Europe sociale renouvelée », qui soit en mesure de consolider le « modèle de concertation » pour accompagner les mutations technologiques en cours et de garantir des emplois stables et « bien payés ».
Voir le discours du président français : https://aeur.eu/f/ag4 (Mathieu Bion)