Si les ministres de l'Environnement et du Climat des pays de l'UE ont esquissé des pistes pour mieux se préparer et s'adapter aux risques climatiques futurs, lors de leur réunion informelle de deux jours, lundi 15 et mardi 16 janvier à Bruxelles, ils se sont aussi préparés à l'initiative sur la résilience de l'eau, que la Commission européenne pourrait présenter en mars, ainsi qu'à la toute première évaluation européenne des risques climatiques (EUCRA), en cours de rédaction par l'Agence européenne de l'environnement (AEE).
Les ministres en ont eu la primeur lundi, sous une forme préliminaire, avant sa présentation en avril (EUROPE 13328/4).
« Les éléments préliminaires ont permis de relancer ce débat et ont fait œuvre de sensibilisation de tous les États membres, qui sont tous éminemment concernés, même s'il y a des différences selon les zones géographiques », s'est réjoui le ministre Écolo belge de la Transition climatique et de l'Environnement de la Région de Bruxelles-Capitale, Alain Maron, en conférence de presse, mardi, à l'issue de la réunion qu'il a présidée.
Il a précisé que l'évaluation de l'AEE se fonderait sur divers scénarios climatiques.
L'adaptation au changement climatique est une priorité de la Présidence belge du Conseil. Le ministre n'a toutefois pas voulu s'avancer sur la possibilité de parvenir à des conclusions lors du Conseil 'Environnement' du 17 juin. « L'objectif est d'avancer autant que possible », a-t-il déclaré.
Une communication sur la résilience de l'eau, non une nouvelle législation. Le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, a précisé que l'initiative sur la résilience de l'eau, qui a notamment vocation à en promouvoir la gestion durable et dont les grandes lignes ont été dévoilées en octobre (EUROPE 13274/18), revêtira la forme d'une « communication très vaste » et non pas d'une nouvelle proposition législative (EUROPE 13320/8).
« Elle n'établira pas de priorités par secteur » d'activité économique, mais les usagers primaires feront l'objet d'une attention particulière, a-t-il expliqué.
Sont ici concernés les grands usagers que sont l'industrie, l'agriculture, l'énergie et les transports.
Soulignant que « dans le sud de l'Europe, les agriculteurs sont en difficulté », M. Sinkevičius a estimé que l'on ne faisait « pas assez appel au réemploi de l'eau ».
Depuis juillet 2021, la loi sur le climat impose aux États membres de l'UE d'adopter, de mettre en œuvre et d'actualiser des stratégies et des plans nationaux d'adaptation, en tenant compte des secteurs vulnérables tels que l'agriculture, l'eau et les systèmes alimentaires ainsi que de la nécessité de promouvoir des solutions fondées sur la nature et les écosystèmes. (Aminata Niang)