Le président du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber, a assuré, mardi 16 janvier à Strasbourg, que sa famille politique ne ferait pas affaire avec les « nationalistes » lors des élections européennes, qui auront lieu du 6 au 9 juin.
« Nos principes sont clairs et cela définit également les options que nous avons sur la table pour les partenaires, pour développer l'Union européenne à l'avenir. Et cela exclut fondamentalement tous les nationalistes au niveau européen », a-t-il déclaré.
Si la porte semble ainsi fermée à l’extrême droite, le chrétien-démocrate bavarois n’en a pas explicitement fait de même pour les conservateurs réunis au Parlement au sein du groupe CRE, se limitant à affirmer que « tous les partis qui veulent travailler avec nous doivent être en faveur de l’Europe ».
Parmi les alliés historiques du PPE et au sein des groupes pro-européens, plusieurs voix se sont récemment élevées pour critiquer l’absence de positionnement franc de Manfred Weber.
« Nous ne pouvons pas accepter que le PPE normalise une bonne partie du parti CRE ou des corrélatifs. (…) Si le CRE et l'extrême droite se développent, ce sera bien sûr plus difficile. Nous espérons que les grands groupes formeront une majorité et que le PPE restera pro-européen », commentait Pedro Marques (S&D, portugais), jeudi 11 janvier.
Deux jours plus tôt, du côté du groupe Renew Europe, l’analyse était similaire. « Même si nous sommes majoritaires, il ne peut pas y avoir une alliance PPE, CRE, Renew Europe, avec la composition de CRE actuelle. Soit CRE fait le ménage et trie entre les partis qui sont fréquentables et les partis qui ne sont pas fréquentables - et je suis prêt à regarder -, mais, à ce stade, c’est strictement impossible », jugeait l’ancien patron du groupe, le Français Stéphane Séjourné (EUROPE 13324/1).
Ces réactions interviennent alors que le groupe PPE a, au cours des derniers mois, tenté des rapprochements avec les groupes CRE et Identité et Démocratie. En juillet 2023, les trois familles politiques ont voté en bloc en faveur du rejet de la loi sur la restauration de la nature. La motion de rejet du texte n'a été retoquée que de douze voix, avant que le texte - affaibli - ne soit sauvé de justesse (EUROPE 13221/1).
« À un moment, le PPE devra dire ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il n'est pas possible d'avoir un double discours. (...) Dans ce Parlement européen, il y a déjà eu des alliances entre PPE, ID ou CRE pour bloquer des textes », a rappelé la présidente du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez.
Le Parti populaire européen, que préside également M. Weber, tiendra son congrès électoral à Bucarest les 6 et 7 mars prochains. À cette occasion, le groupe nommera son ou sa candidate tête de liste (‘Spitzenkandidat’).
« J'espère que les autres (groupes politiques) pourront rivaliser, présenter des candidats solides et convaincants pour les postes à pourvoir. En tant que PPE, nous faisons notre travail et nous gagnons actuellement les élections », a conclu M. Weber. (Thomas Mangin avec la rédaction)