Les députés européens se sont montrés divisés, mardi 16 janvier, lors du débat sur la situation humanitaire à Gaza. Les élus des groupes politiques à droite de l'échiquier politique ont mis en avant la responsabilité du Hamas et la situation des otages israéliens, alors qu'à gauche les élus ont demandé à agir contre Israël.
Pour le groupe PPE, l'Espagnol Antonio López-Istúriz White, également président de la délégation du PE pour les relations avec Israël, a estimé que pour que la guerre cesse, il fallait un retour des otages et la démilitarisation de Gaza. « Personne ne peut fermer les yeux sur les pertes à Gaza et la situation humanitaire. Mais on ne peut pas, non plus, oublier la terreur des Israéliens qui attendent leurs proches », a-t-il rappelé.
Même son de cloche chez Charlie Weimers (CRE, suédois), pour qui, pour parvenir à un cessez-le-feu, « il faut que le Hamas libère tous les otages ». « L'Occident doit exiger que le soutien aux terroristes cesse », a-t-il ajouté, expliquant qu’une grande majorité des Palestiniens soutenait la lutte armée contre Israël.
Pour l'Allemande Sylvia Limmer, au nom d’ID, la population de Gaza soutient les attaques du Hamas et il faudrait mieux s’intéresser au sort des 136 otages « détenus par des bouchers islamistes, torturés et déshonorés ».
De nombreux députés des groupes S&D, Verts/ALE et de La Gauche ont insisté sur la situation humanitaire catastrophique à laquelle est confrontée la population gazaouie.
Jordi Solé (Verts/ALE, espagnol), tout en ne remettant pas en cause le droit d’Israël à réagir aux attaques du Hamas, a regretté que l'État hébreu n’ait pas cherché une autre solution que « celle qui mène à la mort de plus de 24 000 personnes, soit 1% de la population de Gaza ».
Tout en condamnant les attaques terroristes du Hamas et en appelant à la libération des otages, Pedro Marques (S&D, portugais) a rappelé que l’élimination du Hamas ne devait pas se faire à n’importe quel coût. « Les civils ne sont pas des combattants, les enfants ne sont pas des terroristes », a-t-il souligné. « Ceux responsables d’actes terroristes et de violations du droit international et de crimes de guerre doivent être tenus responsables », a estimé l'eurodéputé, apportant son soutien à la Cour Pénale internationale et à la Cour internationale de justice.
Manon Aubry (La Gauche, française) a demandé que justice soit rendue et soutenu l’action de l’Afrique du Sud auprès de la cour de justice internationale.
Plusieurs députés ont également souhaité que des mesures soient prises contre Israël, dont la suspension de l’accord d’association UE/Israël, l’interdiction de l'importation des produits issus des colonies ou encore la suspension de l’envoi d’armes à l’État hébreu.
De son côté, Hilde Vautmans (Renew Europe, belge) a appelé à un cessez-le-feu permanent à Gaza. Elle a aussi espéré que les députés européens se mettront d’accord sur une résolution commune, qui sera mise aux voix jeudi. (Camille-Cerise Gessant)