login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13324
INSTITUTIONNEL / Pe2024

Stéphane Séjourné souhaite que le centre-droit européen nomme des Spitzenkandidaten pour présider le triptyque institutionnel de l'UE

À l’approche de la campagne électorale européenne, le chef du groupe Renew Europe au Parlement européen, le Français Stéphane Séjourné, a mis en garde, mardi 9 janvier, devant la presse, contre la montée des populistes et de l’extrême droite en Europe. Il s’est prononcé en faveur d’une « incarnation » européenne pour sa famille politique du centre-droit. Celle-ci pourrait se traduire par une potentielle désignation de candidats « têtes de liste » ('Spitzenkandidaten') pressentis pour présider le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen, en cas de victoire des libéraux et des démocrates aux élections européennes en juin prochain.

Face à la montée de l’extrême droite, « le risque d’une Europe ingouvernable est assez réel au sein du Parlement européen (…) Nous serons, lors de cette campagne, dans une dynamique pour pouvoir passer d’Européens convaincus que nous sommes à des Européens convaincants », a-t-il déclaré.

Il a ainsi expliqué qu’un manifesto serait prochainement publié pour répondre à la montée populiste et nationaliste en Europe et qu’une plateforme avait été créée avec l’'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe' (ALDE), le 'Parti démocrate européen' et le parti français Renaissance, dans le but de préparer les élections européennes et de s’accorder sur les candidatures éventuelles de Spitzenkandidaten. Pour l'ALDE, les personnalités souhaitant être désignées ont jusqu'au 29 février pour présenter leur candidature (EUROPE 13283/2).

Interrogé sur les sondages politiques, qui annoncent une perte de sièges pour le groupe Renew Europe remettant en cause sa place tant que troisième famille politique au PE, M. Séjourné a dit travailler à conclure des accords avec de nouveaux partis politiques afin de conserver entre 90 et 100 eurodéputés.

« Je ne remets pas du tout en cause les sondages. Mais les choses évoluent, beaucoup de partis politiques se sont créés entre 2019 et aujourd’hui », a-t-il expliqué.

Concernant la composition du futur hémicycle du Parlement, il a expliqué souhaiter retrouver une « majorité 'von der Leyen' avec le PPE, S&D et Renew Europe en coalition », assurant qu’il n’y aurait pas d’alliance possible avec le groupe actuel des conservateurs et réformistes européens (CRE).

« Même si on est majoritaire, il ne peut pas y avoir une alliance PPE, CRE, Renew Europe, avec la composition de CRE à ce stade. Soit CRE fait le ménage et trie entre les partis qui sont fréquentables et les partis qui ne sont pas fréquentables - et je suis prêt à regarder -, mais, à ce stade, c’est strictement impossible ».

Interrogé sur une éventuelle coalition avec les écologistes européens, le chef de file de Renew Europe a rappelé qu'une telle volonté s’était manifestée par le passé. Selon lui, les Verts ont un rôle à jouer dans une majorité pro-européenne mais, pour cela, ils doivent se montrer davantage « responsables et êtres des partenaires fiables, ce qu’ils ne sont pas aujourd’hui ».

La question qui brûlait les lèvres quelques jours à peine après que l’actuel président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé sa future candidature aux élections européennes (EUROPE 13323/3), était de savoir si ce dernier obtiendrait le statut de Spitzenkandidat pour sa famille politique européenne.

Si M. Séjourné a salué la volonté de Charles Michel de se porter candidat et de se soumettre au suffrage universel, il a simplement affirmé que ce dernier jouerait un rôle important au sein de la famille politique « au même titre que les chefs d’Etat ou de gouvernement qui nous ont suivis, que les collègues du groupe politique et des partis politiques qui le composent », sans avancer davantage de détails.

Le dirigeant français a toutefois considéré que, faute de listes transnationales, la question du Spitzenkandidat a moins de pertinence démocratique. Il est toutefois favorable à une « incarnation » de la famille politique, c’est-à-dire à la présentation d'un seul ou de plusieurs candidats que les citoyens et électeurs pourront identifier.

« À titre personnel, je pense qu’on peut aligner à Renew Europe un candidat par institution » pour lesquelles la présidence sera vacante en 2024, a-t-il affirmé. « On a, à la fois, des anciens premiers ministres, des chefs d’État ou de gouvernement qui sont capables d’incarner aujourd’hui ce que nous faisons au Conseil européen et, de la même façon, à la Commission européenne et au Parlement européen. (…) Je pense qu’une plateforme avec trois candidats pourrait être la bonne voie ».

La question est en cours de discussion et devrait être tranchée dans les semaines à venir. (Pauline Denys)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
Invasion Russe de l'Ukraine
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES