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Bulletin Quotidien Europe N° 13323
INSTITUTIONNEL / Pe2024

Le départ anticipé de Charles Michel donne le coup d'envoi de la réflexion sur l'attribution de hautes fonctions européennes

L'annonce surprise du président du Conseil européen, Charles Michel, de se porter candidat aux élections européennes début juin oblige les chefs d'État ou de gouvernement des États membres de l'Union européenne à anticiper la réflexion sur le successeur de M. Michel, dont le mandat se terminerait normalement fin novembre, et les potentiels candidats disponibles à se faire connaître plus tôt.

 « C'est la démocratie » : « Il y a encore six mois avant la session constitutive du nouveau Parlement européen. Donc, personne ne peut être surpris. Mon successeur sera élu fin juin ou début juillet. Le deuxième semestre de 2024 sera de toute façon une période de transition politique, y compris pour la Commission » européenne, a considéré M. Michel lors d'une interview parue samedi 6 janvier dans les journaux belges De Standaard, La Libre et Le Soir.

S'il est élu, M. Michel entend prêter serment mi-juillet en tant que député européen, une séquence qui pourrait éviter une vacance dans la fonction de président du Conseil européen, si le Conseil européen parvient à une décision avant cette échéance. Pour mener campagne, le libéral belge n'aurait pas à se mettre en retrait en mai afin d'être en mesure de défendre auprès des citoyens européens sa vision pour l'UE en 2030, horizon qu'il avait fixé en vue de réformer le fonctionnement interne de l'Europe avant d'accueillir de nouveaux pays membres (EUROPE 13237/8).

D'après une source européenne, il n'y a « aucun obstacle juridique » qui empêche le président du Conseil européen de se présenter à des élections, un tel exercice étant, au contraire, de nature à renforcer « la légitimité démocratique » de la fonction. Et une telle décision n'aura aucun impact, M. Michel demeurant « pleinement engagé » dans sa mission jusqu'à la fin de son mandat.

Chef de file du parti libéral belge francophone Mouvement Réformateur, M. Michel n'a pas précisé s'il compte être le candidat tête de liste ('Spitzenkandidat') de la famille politique européenne de centre droit, plateforme qui réunira l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe (ALDE), le 'Parti démocrate européen' (PDE) et le parti Renaissance en France. Pour l'ALDE, les personnalités souhaitant être désignées ont jusqu'au 29 février pour présenter leur candidature (EUROPE 13283/2).

« C'est ce que font les dirigeants politiques : participer à des élections. (...) Il est important que nous jouions notre rôle en tant que présidence semestrielle et que M. Michel joue son rôle de président du Conseil européen », a considéré le Premier ministre belge, Alexander De Croo, lundi 8 janvier à Bruxelles, lors du voyage de presse de la Présidence belge du Conseil de l'UE.

Deux sommets européens auront lieu le 17 juin et les 27-28 juin pour tirer les leçons des élections européennes, qui se tiendront entre le 6 et le 9 juin, notamment pour réfléchir aux priorités stratégiques de l'UE d'ici à 2030 et à l'attribution de hautes fonctions européennes.

Les Vingt-sept élisent leur président à la majorité qualifiée des États membres pour une période de deux ans et demi, renouvelable une fois. En cas de décès ou de faute grave, ce mandat peut être écourté à la majorité qualifiée et/ou pris en charge par le Premier ministre du pays assumant la présidence du Conseil de l'UE. En l'occurrence, il pourrait s'agir, à partir de juillet, du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.

Les deux prédécesseurs de M. Michel, le Belge Herman Van Rompuy et le Polonais Donald Tusk, avaient honoré leur deuxième mandat jusqu'à l'échéance. (Mathieu Bion avec Camille-Cerise Gessant)

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