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Bulletin Quotidien Europe N° 13274
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Environnement

Virginijus Sinkevičius dévoile au Parlement européen les grandes lignes de 'l'initiative pour la résilience de l'eau' annoncée pour 2024

'La pénurie d’eau et les investissements structurels dans l’accès à l’eau dans l’UE' - sujet ajouté à l’ordre du jour de la session plénière du Parlement européen à la demande des eurodéputés - a permis à la Commission européenne de dévoiler, dans la soirée de mardi 17 octobre, les grandes lignes de l’initiative sur la résilience de l’eau, prévue au premier trimestre 2024 dans son programme de travail.

Devant un hémicycle quasiment vide, le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, a indiqué que, face « aux signes visibles de stress hydrique en Europe » et à l'évolution du cycle mondial de l'eau, avec des sécheresses plus longues suivies d'inondations dans certaines régions, phénomène « aggravé par le changement climatique », il convient d'adopter une approche différente.

Selon lui, « la toute première évaluation européenne des risques climatiques, qui aura lieu au printemps 2024, nous rappellera certainement cette réalité et la nécessité d’agir conformément à la stratégie d’adaptation de l’UE ».

L'initiative pour la résilience de l'eau impliquera « une transformation systémique de la manière dont l’eau est gérée, utilisée et valorisée, en gardant constamment à l’esprit la nécessité de protéger la nature et les écosystèmes », a-t-il prévenu.

Les grands utilisateurs d’eau comme l’énergie, l’industrie, le transport et l’agriculture devront faire plus pour intégrer l’efficacité de l’eau et la protection de l’eau dans leurs pratiques quotidiennes.

Soulignant que la demande en eau augmente dans certains secteurs et dénonçant des niveaux de fuite d'eau inacceptables dans les systèmes d'approvisionnement en eau, le commissaire a déclaré : « L’efficacité d’abord doit désormais s’appliquer à l’eau, tout en garantissant qu’elle reste abordable pour tous ».

L'initiative prévoira aussi la tarification de l'eau - prévue dans la directive-cadre sur l'eau (2000/60/CE), mais dont « les instruments de tarification n'ont pas été utilisés en 20 ans », a déploré le commissaire.

Au-delà de la législation, il a appelé à la montée en puissance des investissements de l'UE dans l'eau et l'assainissement, qui devraient passer de 86 milliards d'euros par an actuellement, selon l'OCDE, à 255 milliards d'ici 2030. 

« Quand on parle d’investissements dans les infrastructures de l’eau, on parle d’investissements incontournables, y compris dans la recherche et l’innovation, pour protéger les bassins hydrographiques, qui constituent la première barrière naturelle contre les sécheresses et doivent pouvoir absorber l’eau et réalimenter les nappes phréatiques », a insisté le commissaire.

Et de préciser qu'entre 2021 et 2027, quelque 13 milliards d'euros des fonds de cohésion auront été investis dans les services d’eau.

« Nous devrons faire plus pour que le droit à l’eau propre et potable comme droit humain soit une réalité dans toute l’UE », a-t-il ajouté. Rappelons que l'initiative citoyenne européenne (ICE) Rigth2Water, en 2014, avait demandé que les services de l'eau soient exclus de la libéralisation (EUROPE 11020/21) - une option non retenue par la Commission dans la directive 'Eau potable' (UE 2020/2184), par laquelle elle a répondu à cette ICE.

 Aux députés inquiets de la situation à Mayotte, le commissaire a répondu qu'une attention particulière sera portée aux régions ultrapériphériques et que l’UE alloue déjà 47,5 millions d’euros à Majorque pour investir dans les infrastructures d’approvisionnement en eau. 

Au nom du Conseil, le ministre espagnol par intérim compétent pour l'UE, Pascual Navarro Ríos, a rappelé que la conférence des Nations Unies sur l'eau, en mars dernier, avait « souligné que l’eau est essentielle pour les citoyens, pour la nature et pour réguler le climat, qu'elle est déterminante pour protéger la santé publique, renforcer la diversité biologique et renforcer la sécurité alimentaire et joue aussi un rôle capital pour l’économie, la production d’ énergie et l’agriculture ».

Au niveau mondial, l'UE doit, selon lui, « respecter les promesses de l'Accord de Paris et du Pacte vert européen » et, au niveau européen, « continuer à appliquer une politique durable, continuer à améliorer la qualité des eaux de nos fleuves pour atteindre un bon statut de l'eau au plus tard en 2030 et appliquer intégralement la directive 'Eau potable' », que la plupart des pays de l'UE n'ont pas transposée (EUROPE 13150/32, 13098/28).

Les États membres devront surtout poursuivre les investissements pour renforcer la disponibilité en eau potable et la sécurité de cette eau, a estimé le ministre. « L’innovation technologique joue un rôle majeur pour orienter ces investissements qui doivent être rentables et doivent aussi tenir compte des polluants émergents, des perturbateurs endocriniens, des produits pharmaceutiques et des résidus de produits cosmétiques», a-t-il précisé. (Aminata Niang)

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