Bruxelles, 17/02/2014 (Agence Europe) - L'eau n'est pas une marchandise mais un droit humain universel. Les organisateurs de la toute première initiative citoyenne (ICE) qui a recueilli sur ce thème 1,8 million de signatures dans 28 États membres et dépassé le quorum dans 13 pays l'ont martelé, lundi 17 février à Bruxelles, ravis d'avoir pu exprimer leurs revendications auprès de la Commission européenne puis lors d'une audition publique au Parlement européen, espérant fermement que celles-ci pourront déboucher sur une législation de l'UE (EUROPE 11019).
Les revendications de Right2water sont au nombre de trois: - que les institutions de l'UE et les États membres soient obligés de garantir que tous les habitants jouissent du droit à l'eau et à l'assainissement ; - que l'approvisionnement et la gestion des ressources en eau ne soient pas soumis aux règles du marché intérieur et que les services de l'eau soient exclus de la libératisation ; - que l'UE redouble d'efforts pour atteindre l'accès universel à l'eau et à l'assainissement. « Nous avons une position claire: l'eau n'est pas une marchandise comme les autres. Pas question de faire le commerce de l'eau, pas question que l'eau soit libéralisée. Nous ne sommes pas encore entendus mais nous avons eu le sentiment d'être écoutés. Merci au Parlement de nous permettre d'aller un peu plus loin et d'atteindre nos objectifs: que la Commission européenne prenne en compte nos revendications », a déclaré à la presse Anne-Marie Perret, présidente du comité des citoyens de l'ICE (et membre de la Fédération européenne des services publics), ravie que, lors de l'échange de vues avec la Commission, les directions générales aient été massivement représentées,
« Avec l'ICE, on suscite le débat. Le premier exemple de démocratie porte sur le droit à l'eau. Nous sommes là pour écouter. Nous espérons que le débat débouchera sur des propositions concrètes. Nous serons à la hauteur de nos engagements légaux », a assuré Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, annonçant que la Commission présentera une communication d'ici au 20 mars, c'est-à-dire dans le délai de trois mois prévu dans le règlement pour répondre à une ICE. « C'est une journée historique, la première ICE est couronnée de succès et présentée en audition publique », a déclaré Mathias Groote, président de la commission de l'environnement du Parlement, saluant l' « engouement très net des citoyens ». Et d'ajouter: « C'est une journée exceptionnelle pour l'UE. Il faut oser la démocratie. Les trois instituions devront passer à l'action. Il s'agira de trouver des règles concrètes. Le Conseil n'est pas présent mais devra écouter ce qui s'est dit ». (AN)