Bruxelles, 17/02/2014 (Agence Europe) - Le rapport 2013 sur la structure industrielle de l'UE met en exergue le besoin croissant d'intégrer la compétitivité industrielle dans d'autres domaines stratégiques.
Comme d'autres études, ce rapport, présenté le 17 février par la Commission, montre que la fragile reprise en 2010 et 2011 a été interrompue par un ralentissement de la conjoncture et que les industries de l'UE ont subi une récession à double creux. S'il confirme aussi que la part de l'industrie manufacturière dans le PIB est tombée à 15% en 2012, le chiffre total de la production manufacturière de l'UE dissimule des différences importantes entre pays, une forte reprise étant observée en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie et dans les Pays baltes. L'étude met également en exergue des différences entre les secteurs: la haute technologie - où se concentre le gros des gains de productivité -, l'industrie pharmaceutique et les produits de base résistent bien à la crise, tandis que la construction et les industries manufacturière et minière ont été durement frappées.
Ce rapport montre aussi que la croissance du secteur des services est bien plus rapide que celle de l'industrie manufacturière: les services marchands ont crû en moyenne de 1,7 point de pourcentage par an entre 2000 et 2012, pour représenter désormais la moitié du PIB de l'UE, et la part des services non marchands (fournis par le secteur public) a aussi augmenté pour atteindre 23% du PIB en 2012. De 2001 à 2010, l'emploi dans les services a progressé, alors qu'il a diminué dans l'industrie manufacturière. En revanche, les relations entre l'industrie manufacturière et les services sont mutuellement bénéfiques, puisque les entreprises du secteur manufacturier recourent aux services dans leurs processus commerciaux, l'élaboration et la vente de produits et pour des activités transversales (comptabilité et logistique). Cette interdépendance croissante s'accompagne d'un « effet porteur » de l'industrie pour des services qui seraient autrement moins commercialisables, un effet stimulant sur l'innovation et l'amélioration qualitative des activités de service.
Enfin, le document montre que les chaînes de valeur mondiales ont une importance croissante pour l'industrie de l'UE, qui reste le principal acteur du commerce mondial, tant pour les biens et services que pour les flux d'investissements. Mais il révèle que les investissements directs étrangers (IDE), dont l'industrie manufacturière a besoin, ont beaucoup souffert. Les États membres dans leur ensemble apportent une part importante des flux d'IDE mondiaux (environ 22% des flux entrants et 30% des flux sortants), mais les flux tant entrants que sortants ont été gravement perturbés par la crise en 2010. (EH)