Bruxelles, 17/02/2014 (Agence Europe) - Après avoir contraint à la démission l'ex-Premier ministre italien Enrico Letta, après ce que certains ont défini comme un coup de force interne au Parti Démocrate (EUROPE 11019), l'actuel secrétaire général du parti et maire de Florence, Matteo Renzi, a accepté «avec réserve », lundi 17 février, la mission qui lui est confiée par le chef de l'État, Giorgio Napolitano, de former un nouveau gouvernement qu'il espère conduire jusqu'au bout de la législature actuelle, en 2018, sans recourir à de nouvelles élections (64% d'italiens sondés se sont déclarés opposés à ce contournement des électeurs).
M. Renzi veut aller vite. Il s'est donné jusqu'à la fin de la semaine pour constituer une équipe solide et bien considérée en Europe d'environ 18 ministres, qui puisse obtenir le soutien des deux Chambres la semaine prochaine (on cite les noms de Fabrizio Barca ou Pier Carlo Padoan à l'Économie, Angelino Alfano à l'Intérieur, Emma Bonino aux Affaires étrangères, Tito Boeri à l'Emploi, alors que Federica Mogherini pourrait remplacer M. Moavero Milanesi aux Affaires européennes). M. Renzi devra cependant faire les comptes avec les partis d'opposition, mais aussi avec certains de ses alliés: le Nouveau Centre-Droit (NCD) de l'ex-vice-Premier ministre et ex-dauphin de Silvio Berlusconi, Angelino Alfano, qui a déjà indiqué qu'il ne veut pas d'un gouvernement déséquilibré vers la gauche et la Gauche Écologie et Liberté (SEL) de Nichi Vendola, qui exclut toute alliance avec le NCD. S'il réussit, Matteo Renzi veut accélérer les réformes: institutions et nouvelle loi électorale, en février ; marché du travail, la « vraie priorité », en mars ; administration publique, en avril ; fiscalité, en mai. Les marchés ont en général bien réagi à la désignation de M. Renzi, avec des taux d'intérêt sur la dette italienne modérés et un spread BTP/Bund allemand contenu à 193 points. L'ex-Premier ministre britannique, Tony Blair, a appelé les leaders européens à « un soutien compact à Matteo Renzi lorsqu'il assume la responsabilité pour le futur de son pays ». (FG)