L’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) a publié, mardi 24 octobre, son indice de l’égalité de genre pour 2023. Après 10 ans à déplorer des progrès « à un rythme d’escargot » (EUROPE 13049/14), l’index a enregistré sa plus forte augmentation annuelle.
L’UE passe ainsi à un score de 70,2 points. EIGE appelle toutefois à la prudence. « L'UE a progressé sur la voie de l'égalité. Mais [...] les progrès sont fragiles. Aujourd'hui, seule la Suède, avec un score supérieur à 80 points, se rapproche de l'égalité des genres. [Or,] la Suède ne représente que 2% de la population de l'UE », a déclaré sa directrice, Carlien Scheele.
Bons élèves
Le rapport note ainsi que, si la Suède, les Pays-Bas et le Danemark restent les ‘meilleurs élèves’, leur performance par rapport à l’an dernier a stagné ou sensiblement reculé. « Les gains ne peuvent pas être considérés comme acquis », souligne EIGE.
Au contraire, des pays comme l’Italie, le Luxembourg et Malte, qui ont des scores en dessous de la moyenne européenne, ont enregistré de « vastes améliorations » en matière d’égalité en dix ans. « Dès que les pays mettent en place des mesures, le rythme des progrès s'accélère », résume l’Institut.
Inégalités dans l'emploi
De manière générale, EIGE observe que, bien que l’égalité dans le domaine de l’emploi ait sensiblement augmenté, le marché du travail reste ségrégué. Les femmes ont tendance à occuper des secteurs avec des rémunérations basses et moins de perspectives de carrière. En particulier, précise le rapport, les emplois créés par la transition verte et dotés d’une grande perspective de croissance sont majoritairement occupés par des hommes.
En parallèle, l’Institut note une inégalité persistante en matière de « travail de soins non rémunéré ». Le rapport souligne néanmoins que ces tâches sont de plus en plus « externalisées » avec l’augmentation du taux d’emploi des femmes.
Par ailleurs, EIGE note qu’avec l’augmentation du nombre de femmes au sein des conseils d’administration et la diminution de leur présence au sein des parlements, ces deux taux ont convergé à 33%. Louant l’efficacité de quotas, l’Institut appelle à mettre en place des mesures ciblées pour la sphère politique, notamment en vue des élections européennes.
Pacte vert
Enfin, l’index 2023 apporte une attention particulière à la transition verte. Il note, par exemple, qu’en dépit des ambitions du 'Pacte vert' en matière d’égalité, l’intégration d’une perspective de genre pourrait être renforcée.
En outre, l’Institut note que, bien que les femmes soient « au premier rang de l'activisme climatique », elles sont peu représentées dans la prise de décision. Fin 2022, seuls 32% des ministres de l’UE responsables pour l’environnement et le climat étaient des femmes. Si elles représentaient 43% des ministres de l’Énergie, elles n’étaient que 29% à siéger dans des commissions parlementaires nationales traitant du sujet.
EIGE s’intéresse également à l’impact de la crise climatique sur le quotidien des femmes, estimant, par exemple, que la nécessité de réaliser des économies énergétiques pourrait augmenter la charge mentale liée à la gestion du ménage.
Le rapport : https://aeur.eu/f/97z (Hélène Seynaeve)