Les ministres des Finances des pays de la zone euro adopteront, jeudi 13 juillet à Bruxelles, une déclaration dans laquelle ils devraient préconiser une orientation budgétaire restrictive pour l'Eurozone en 2024.
Il y a « un accord assez large » autour de la table, selon lequel « l'orientation budgétaire pour l'année prochaine devrait être restrictive », a confirmé une source européenne mardi 11 juillet. Selon elle, l'Eurogroupe ne fixera pas d'objectif quantitatif, mais fournira des recommandations qualitatives aux vingt pays concernés notamment afin de préserver l'agilité des politiques budgétaires dans une période qui reste marquée par l'incertitude.
Cette position rejoint celle du comité budgétaire européen, qui préconise aussi un assainissement budgétaire, quoiqu'un peu plus substantiel que celui avancé par la Commission (EUROPE 13211/13). La résilience de l'économie de la zone euro, le fort taux d'emploi et la persistance de l'inflation sont des facteurs qui permettent d'aboutir à la conclusion selon laquelle une consolidation des finances publiques semble désormais appropriée.
La seule suppression des mesures budgétaires d'urgence en 2022, mises en place pour aider les ménages et les entreprises à affronter la crise budgétaire et évaluées à 1,25% du PIB de l'Eurozone au total, représente le double du niveau d'assainissement budgétaire préconisé par la Commission.
Rôle international de l'euro. Les ministres procéderont à un échange de vues sur le rôle international de l’euro en 2022 qui se basera sur le rapport de la BCE de juin (EUROPE 13206/5). Ce rapport indique que, malgré un contexte géopolitique tendu et volatile, l’euro demeurait en 2022 la deuxième monnaie internationale après le dollar américain.
L’étude indique notamment que le comportement de pays tiers non alignés géopolitiquement avec les États-Unis et l'Union européenne à la suite des mesures économiques restrictives adoptées contre la Russie ne semble pas avoir affecté de manière significative le système monétaire international et notamment le niveau des réserves en devises étrangères.
Cependant, selon cette source européenne, le statut international d’une devise ne constitue pas un acquis et reste lié à la puissance de son économie. En l’occurrence, pour ce qui est de l’euro, le maintien de ce rôle international reste lié à des politiques économiques saines et à des progrès institutionnels vers l’intégration économique et financière européenne.
La Commission européenne présentera à son tour une analyse du sujet.
Euro numérique. Jeudi, l’euro numérique sera à nouveau inscrit à l’agenda de l’Eurogroupe réuni en configuration ouverte. Le paquet 'monnaie unique' présenté fin juin (EUROPE 13211/11, EUROPE 13211/12) et, plus particulièrement, sa proposition de cadre légal pour un euro numérique, si celui-ci venait à être lancé par le Conseil des gouverneurs de la BCE, fera l’objet d’une présentation.
Le Conseil 'Écofin' reste compétent pour les travaux législatifs relatifs à la création d'un euro numérique.
UMC. Enfin, l'Eurogroupe s'entretiendra à nouveau sur le projet visant à stimuler les marchés nationaux de capitaux et à faciliter leur intégration au niveau européen. (Mathieu Bion et Émilie Vanderhulst)