Le Parlement européen a adopté avec 583 votes en faveur, 7 contre et 48 abstentions, mardi 11 juillet, lors de sa session plénière à Strasbourg, un rapport demandant à l’UE de mieux protéger les journalistes dans le monde (EUROPE 13187/25).
Élaboré par Isabel Wiseler-Lima (PPE, luxembourgeoise), le texte note les menaces pesant sur la liberté de la presse. Il présente ainsi une série de recommandations, allant de la promotion de l’éducation aux médias à la prise en compte de la liberté des médias au sein des accords de partenariat entre les États membres ou la Commission européenne et des pays tiers.
Il demande également au Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et aux délégations de l’UE dans des pays tiers de mettre en place des plans d’urgence pour les journalistes en danger, comprenant des visites en prison et de l’assistance au procès. « Beaucoup de choses sont déjà en place [du côté du SEAE], mais pas de manière systématique et pas dans toutes les délégations », explique la rapportrice à EUROPE.
Par ailleurs, le rapport condamne le recours aux procédures bâillon et demande que la nouvelle directive ‘anti-SLAPPs’ (voir autre nouvelle) protège efficacement les journalistes basés dans l’UE de recours initiés par des autorités de pays tiers.
Enfin, le texte déplore le déploiement de logiciels espions sur les appareils des membres de la presse. Or, le Conseil de l'UE a introduit une exception à l'interdiction de déployer de tels logiciels envers des journalistes en cas de menace envers la sécurité nationale dans sa position sur l'Acte pour la liberté des médias (EMFA) (EUROPE 13207/28). Interrogée à ce sujet, Mme Wiseler-Lima estime que les États doivent pouvoir se protéger de menaces, mais que le recours à ces logiciels doit rester « l’exception de l’exception de l’exception ».
Voir le rapport adopté : https://aeur.eu/f/7zx (Hélène Seynaeve)