Les représentants de l’Union européenne, tout comme de nombreux dirigeants de pays alliés, ont salué, mardi 11 juillet à Vilnius, l’accord obtenu la veille au soir entre la Turquie et la Suède qui devrait permettre au pays nordique d’adhérer à l’OTAN (EUROPE 13219/1).
Pour Gitanas Nausėda, le président lituanien, qui accueille le sommet de l’OTAN, l’adhésion de la Suède « renforcera considérablement la région de la mer Baltique et l'ensemble de l'Alliance ». « Nous sommes unis et nous sommes forts ! », a-t-il souligné à son arrivée au sommet.
Sur Twitter, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifiée la décision d’« étape historique », tandis que le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a estimé qu’il s’agissait d’« une bonne nouvelle pour le peuple suédois et pour (la) politique commune de sécurité et de défense » de l'UE. « Une OTAN plus forte rend l'Europe plus sûre », a-t-il ajouté.
Dans une déclaration en sept points, la Turquie s’est engagée à transmettre « le protocole d'accession de la Suède à la Grande Assemblée nationale, avec laquelle une coopération étroite sera assurée en vue de la ratification ». Si, devant les médias, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a expliqué que le président turc avait clairement indiqué que cette étape interviendrait « dès que possible », aucune notion de temps n’est inscrite dans la déclaration.
Les deux parties se sont engagées à renforcer leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme, y compris après l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Cela se fera notamment dans le cadre d’« un accord de sécurité bilatéral impliquant la tenue de réunions annuelles au niveau ministériel et la création de groupes de travail, suivant les besoins ».
L’OTAN, quant à elle, va créer un poste de coordonnateur spécial pour la lutte contre le terrorisme.
La Suède et la Turquie vont aussi travailler à éliminer les barrières et les sanctions freinant les échanges commerciaux ou les investissements entre Alliés dans le secteur de la défense. La coopération économique entre les deux pays va être intensifiée, également, et les deux pays chercheront à exploiter toutes les possibilités d’accroître les échanges commerciaux et investissements bilatéraux.
La Suède s’est aussi engagée à soutenir les efforts de relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, notamment la modernisation de l’union douanière UE/Turquie et la libéralisation du régime de visas.
« Il ne s'agit pas d'une question liée à l'OTAN. Il s'agit d'un accord bilatéral entre la Suède, membre de l'UE, et la Turquie. Mais cela fait partie de ce dont nous avons discuté et de la déclaration commune qui a été publiée », a précisé M. Stoltenberg devant les médias, ajoutant qu’il appartient à l'UE de décider de l'élargissement de l'UE.
Pour le premier ministre suédois, Ulf Kristersson, la déclaration ne porte sur rien de nouveau et correspond à la position de longue date de son pays sur les relations UE/Turquie.
« La Turquie est un partenaire. (…) Si elle veut augmenter sa coopération avec l’UE, nous sommes ouverts à cela et nous discuterons », a souligné le Premier ministre belge, Alexander De Croo, se félicitant du « nouveau degré d’ouverture » de la Turquie.
En juin, le Conseil européen avait demandé à la Commission européenne de préparer un rapport sur les relations UE/Turquie (EUROPE 13212/5).
Les déclarations de M. Stoltenberg n’ont pas plu au rapporteur sur la Turquie pour le Parlement européen, Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol). « Apparemment, le Secrétaire général de l'OTAN semble avoir été récemment nommé commissaire de l'UE pour l'élargissement, plaidant en faveur de la Turquie. Merci pour ce conseil non sollicité, mais la nature de l'UE est complètement différente de celle de l'OTAN (et à juste titre) », a-t-il ironisé via Twitter.
La Turquie, mais aussi la Hongrie, doivent ratifier l’adhésion de la Suède. Une adhésion critiquée par la Russie, pour qui elle aura « des conséquences négatives ». (Camille-Cerise Gessant)